Avis Omaké Manga : Sayuri (one-shot) de Rensuke Oshikiri

Rensuke Oshikiri est un auteur que nous apprécions tout particulièrement ! Alors que l’excellent Hi Score Girl (dispo aux éditions Mana Books) a été adapté en anime sur Netflix, c’est chez Omaké Manga que nous avons eu l’occasion de découvrir le mangaka pour la première fois avec Bip-Bip Boy, un véritable hommage aux jeux vidéo des années 80 et 90. Mais Rensuke Oshikiri n’est pas seulement un grand fan de jeux vidéo : il aime aussi aborder des thèmes dérangeants, voire horrifiques. Le Perce Neige, disponible également chez Omaké Manga, ne vous laissera d’ailleurs pas indifférent ! Quoi qu’il en soit, c’est avec un one-shot horrifique que l’auteur fait l’actualité depuis peu, avec Sayuri et sa maison maudite, disponible en one-shot chez nous depuis le 12 novembre dernier. Nous nous sommes plongés dans cette histoire glaçante, et il est temps de vous donner notre avis !


Avis Omaké Manga : Sayuri (one-shot) de Rensuke Oshikiri blog manga lageekroomSynopsis : La famille Kamiki avait désormais tout pour être heureuse. Après des années et des années d’économies et de sacrifices, elle peut enfin être propriétaire ! Certes, la maison est ancienne mais la vue depuis le haut de la colline est tellement belle ! Trois générations de Kamiki s’installent alors sous le même toit… Les accidents inexpliqués s’enchaînent les uns après les autres, avant que la grand-mère ne découvre la terrible vérité. Mais la vieille femme et son petit-fils n’ont clairement pas envie de se laisser abattre par les esprits malins qui hantent la demeure. La riposte se prépare et elle sera très violente… L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur à cette adresse.


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Rensuke Oshikiri sait nous faire rire, et son autobiographie Bip-Bip Boy (œuvre qui a clairement fait décoller sa carrière) en est la preuve. Mais l’auteur sait également nous toucher, et la lecture du Perce Neige est marquante et laisse des traces, développant des thèmes de société comme le harcèlement scolaire. Avec Sayuri, l’auteur opte pour une histoire horrifique, s’inspirant à la fois de films cultes comme Poltergeist ou Amityville et d’œuvres à l’ambiance plus japonaise à la The Grudge ou The Ring. De belles références donc, pour un récit publié chez nous dans sa version complète. L’auteur précise d’ailleurs en postface qu’il préfère ce format, la première partie faisant monter tout doucement la pression mais manquant d’horreur, ce qui a pu décevoir certains lecteurs japonais. Et pourtant, la deuxième partie monte d’un cran et propose son lot de séquences choc ! Dans Sayuri, la famille Kamiki débarque dans sa toute nouvelle maison, fruit du travail acharné du père durant des années. Trois générations vont donc pouvoir vivre sous le même toit, et malgré quelques querelles, l’ambiance reste bonne. Malheureusement, les choses vont rapidement tourner au vinaigre, et les enfants commencent à faire de bien vilains cauchemars. On assiste donc à des visions souvent flippantes, et qui parviendraient presque à nous faire sursauter, comme un bon vieux jumpscare dans un film d’horreur. Mais le mangaka ne mise pas que sur l’effet de surprise de ces « apparitions », et parvient à instaurer une véritable ambiance, aussi sombre que malsaine. La mise en scène est très efficace, et l’obscurité et les longs couloirs créent souvent une sensation de malaise. Le héros de notre histoire, Norio, tente de gérer la situation après le décès de son père, épuisé au point de faire un infarctus. Mais cette mort n’est que le début d’une succession d’événements, qui vont conduire le jeu homme à se battre contre une mystérieuse menace.

Bien qu’assez classique sur de nombreux points, l’histoire de Rensuke Oshikiri parvient à nous prendre aux trippes. La qualité d’écriture des personnages n’y est pas pour rien, avec une mère de famille totalement déprimée après la mort de son mari, la grand-mère qui est à la recherche du défunt et passe ses journées à l’appeler dans la maison, ou encore la frangine qui pète tout doucement les plombs et refuse de sortir de sa chambre. L’ambiance est lourde, et seul Norio tente de ne pas sombrer et cherche du réconfort auprès d’une camarade de classe qui a de mystérieuses visions. La maison serait un lieu maudit, et un habitant louche du quartier avait même prévenu la famille de rapidement quitter les lieux. On découvrira dans la deuxième partie les raisons de tous ces événements macabres, ainsi qu’un dernier acte qui change clairement de ton ! Mais nous vous laissons le découvrir. Nous l’avons déjà dit, l’histoire s’avère au final assez classique, mais les personnages et la mise en scène de ce one-shot font complètement le job et immergent totalement lors de la lecture. Rensuke Oshikiri aborde des thèmes forts, comme le choc des générations, la difficulté de l’adolescence, la peur de l’inconnu et énormément de notions liées à la famille. Norio va devoir puiser dans ses ressources pour lutter contre la menace, et ne pas se laissez envahir par elle. Le coup de crayon de l’auteur fait également partie de la réussite de l’ouvrage, et il faut avouer que cela marche encore mieux lorsqu’il s’agit de récits sérieux comme Le Perce Neige ou ici Sayuri. Certains visages font clairement flipper, et les séquences horrifiques sont ultra immersives, grâce également à un découpage judicieux qui surprend et sait mettre certaines illustrations en valeur. Avec plus de 380 pages à découvrir, Sayuri est un ouvrage imposant, mais ce format en one-shot lui sied à merveille.


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Retrouver Rensuke Oshikiri est toujours un grand plaisir, le mangaka étant autant à l’aise avec l’humour qu’avec l’horreur. Point de blagues geek dans notre one-shot du jour, qui traite d’une histoire d’esprits assez classique mais très bien réalisée. Les personnages sont bien écrits, la mise en scène est excellente et parvient souvent à nous surprendre, et le coup de crayon si particulier de l’auteur colle parfaitement à l’ambiance. Et comme, cerise sur le gâteau, les 2 tomes parus au Japon sortent chez nous en un seul volume, on pourra dévorer l’histoire du début à la fin ! Les éditions Omaké Manga nous font une nouvelle fois grave plaisir, et si vous aimez le genre, il serait dommage de passer à côté !


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