Fire and Ashes, une expérience horrifique qui manque cruellement de finition

Fire and Ashes est un jeu d’horreur à la première personne comme on a pu en découvrir énormément ces derniers mois voire ces dernières années. On a généralement tendance à être plutôt indulgent avec les jeux d’horreur indépendants, notamment lorsqu’il est question de graphismes ou de durée de vie. Nous avons par exemple testé récemment Welcome to Kowloon, qui se terminait en moins d’une heure trente, mais qui proposait une ambiance excellente et quelques moments bien flippants. Malheureusement, notre expérience sur Fire and Ashes nous laisse un sentiment clairement mitigé, et c’est vraiment dommage. Car dès les premières minutes, le jeu nous met à rude épreuve, mais pas forcément pour les bonnes raisons. C’est parti pour notre avis !


Disons-le tout de suite, on est face à un titre qui manque cruellement de finition, avec énormément de bugs de collision, des problèmes au niveau des menus et une interface qui freeze et qui rame. Pire encore, lorsqu’on ouvre le menu puis qu’on en ressort, certaines interactions disparaissent complètement : impossible d’ouvrir une porte ou d’effectuer la moindre action ! Il faut alors retourner dans le menu et en ressortir pour espérer retrouver un fonctionnement normal. Mais avant de comprendre ça, on tourne en rond, ne parvenant à ouvrir aucune porte, en fouinant partout en se disant qu’une clé est peut-être planquée au fond des toilettes… Autre souci : les ennemis courent vers nous en nous tournant le dos, ou foncent carrément contre les murs, ce qui casse totalement le côté flippant de certaines séquences. Autant dire que tous ces problèmes compliquent sérieusement l’entrée dans le jeu et viennent flinguer une immersion qui aurait pourtant pu être excellente.


FIRE AND ASHES test review screen PS5


Tout ceci est d’autant plus regrettable que Fire and Ashes ne fait absolument pas dans la dentelle côté horreur. Pour être crade, c’est crade ! On pourrait même dire que c’est carrément dégueulasse tant le jeu pousse le curseur du gore très haut. Les murs suintent, le sang coule, les têtes et les pieds jonchent certains endroits, et on sentirait presque l’odeur des entrailles en train de pourrir dans les seaux. On commence notre périple en tentant de nous échapper d’un asile psychiatrique avant de traverser des égouts, une prison ou encore une forêt dont les lampadaires à allumer seront votre seul salut (coucou Alan Wake). L’atmosphère est poisseuse, glauque et parfois franchement répugnante, et le jeu assume pleinement son côté horrifique. Malheureusement, cette excellente ambiance est rapidement mise à mal par un gameplay très rude, notamment lors des combats au corps à corps.

On peut frapper, se protéger, effectuer des parades classiques, mais aussi réaliser des parades parfaites permettant ensuite de contre-attaquer et d’achever un ennemi. Sur le papier, le système a de quoi être intéressant, mais dans les faits, on peine à comprendre comment il fonctionne réellement. Les animations des ennemis sont assez raides, leurs attaques partent très vite et il est difficile de lire leurs mouvements. Du coup, on en prend plein la tronche sans toujours comprendre ce qu’on aurait dû faire pour l’éviter. Un passage survenant durant la première heure de jeu illustre parfaitement ce problème, avec une succession d’ennemis qui nous tombe dessus. On enchaîne les dégâts, on essaie de maîtriser les mécaniques et on a beau ramasser des soins, on en bave sérieusement.



Le jeu est corsé, punitif, et cette difficulté associée aux nombreux bugs a bien failli nous faire abandonner au bout d’une heure. Mais vous nous connaissez, les jeux d’horreur parfois moyens, ça nous connaît aussi, et nous avons décidé de nous accrocher pour voir ce que le titre avait réellement dans le ventre. Et heureusement, les choses s’améliorent petit à petit ! On finit notamment par mettre la main sur un pistolet, mais aussi sur une arme capable de projeter des impulsions électriques. Celle-ci permet de neutraliser certains ennemis, notamment des sortes de cyborgs, de les étourdir ou même de leur faire exploser la tête. Cette variété apporte un petit plus appréciable et permet de renouveler un peu les affrontements. D’ailleurs, plus tard dans le jeu, une seule balle suffit à tuer la plupart des ennemis, et la difficulté baisse d’un cran, ce qui est au final appréciable.

Même constat pour les énigmes : très basiques au départ, elles se résument souvent à trouver une clé pour ouvrir une porte, laquelle nous donne accès à une autre clé permettant d’en ouvrir une nouvelle. Heureusement, elles gagnent progressivement en intérêt et deviennent un peu plus sympathiques au fil de l’aventure. On doit également composer avec des armes qui se brisent et une jauge d’endurance qui rend les combats encore plus difficiles. Celle-ci se révèle particulièrement pénible, car elle met beaucoup trop de temps à remonter. Le manque de finition reste toutefois bien présent, et les dialogues n’arrangent rien. Ils sont franchement mauvais par moments, tandis que certains choix proposés au cours des conversations nous laissent perplexes : on ne comprend pas toujours leur utilité ni ce qu’ils apportent réellement au récit. On a parfois le sentiment que les développeurs avaient de grandes ambitions, mais qu’ils n’avaient malheureusement pas les moyens de les concrétiser.


FIRE AND ASHES test review screen PS5


Et pourtant, à mesure qu’on avance, Fire and Ashes finit par dévoiler quelques qualités. Une véritable identité commence à se dessiner dans certains décors, les combats deviennent un peu moins pénibles et l’aventure réserve quelques passages plutôt sympathiques. Attention cependant : dès qu’un boss se pointe, la galère reprend de plus belle ! C’est précisément ce qui rend notre avis aussi mitigé. Nous avons sérieusement envisagé d’abandonner au bout d’une heure, alors que le jeu propose ensuite de bonnes choses qui méritent d’être découvertes. Certains jumpscares sont notamment très bien placés et font leur effet.

Visuellement, le titre s’en sort également plutôt bien, avec de très beaux effets de lumière et des décors parfois vraiment réussis. Le sound design est plus inégal : certains bruits de mouches autour des cadavres sont particulièrement forts par rapport au reste de l’environnement sonore, ce qui peut être assez désagréable. En revanche, plusieurs musiques se révèlent plutôt sympathiques, avec des sonorités glauques qui collent bien à l’atmosphère générale. Mais l’une des idées les plus intéressantes du jeu concerne la compatibilité avec le microphone de la manette. Certains ennemis peuvent être attirés lorsqu’on crie, et une énigme repose même sur le fait de pousser un cri pour activer un mécanisme électrique. On peut également crier en utilisant l’arme à impulsions électriques pour éliminer les ennemis.



Cette utilisation du micro apporte un vrai plus à l’expérience et constitue une idée vraiment sympathique pour un jeu d’horreur, qu’on retrouve d’ailleurs souvent dans les jeux sur PC. Malheureusement, même cette bonne trouvaille est gâchée par des problèmes techniques : il arrive que le microphone se désactive sans raison apparente. On essaie alors de retourner dans les options pour le réactiver, mais cela ne fonctionne pas toujours. Les menus semblent eux aussi avoir leurs propres problèmes, allant parfois jusqu’à modifier la langue du jeu ou à désactiver les sous-titres sans que l’on comprenne pourquoi. C’est franchement dommage, car cette mécanique apporte un vrai plus à l’immersion.

Du côté du scénario, l’histoire trouve sa résolution vers la fin et les différentes explications finissent par nous être données. Le récit reste toutefois assez secondaire et n’est clairement pas l’élément qui nous fera retenir le jeu. Au final, Fire and Ashes n’est pas un titre à jeter à la poubelle, loin de là, mais il faut garder en tête que sa première heure est particulièrement rude. Clairement, de nombreux joueurs risquent d’abandonner avant même d’avoir pu découvrir ce qu’il a de plus intéressant à proposer. C’est regrettable, car avec davantage de finition, un système de combat mieux maîtrisé et une difficulté un peu moins décourageante, nous aurions probablement eu droit à une expérience bien plus convaincante. Nous avons malgré tout décidé de nous accrocher et, malgré ses nombreux défauts, nous terminons l’aventure sur une note un peu plus positive. Notez que nous avons mis un peu plus de 3 heures pour en voir le bout.


FIRE AND ASHES test review screen PS5


Fire and Ashes est un jeu d’horreur qui possède de bonnes idées et une ambiance particulièrement réussie, mais qui souffre d’un manque de finition trop important. Sa première heure risque de décourager de nombreux joueurs entre les bugs, les combats pénibles et la difficulté punitive. Pourtant, en s’accrochant, on découvre des décors réussis, quelques mécaniques intéressantes et une aventure qui s’améliore progressivement. Dommage que ces qualités soient autant gâchées par les problèmes techniques. Le jeu aurait mérité davantage de polish pour vraiment nous convaincre. 


Les +

  • Une ambiance horrifique glauque, gore et particulièrement cradingue
  • Des décors réussis et de beaux effets de lumière
  • Quelques jumpscares bien placés
  • Une identité visuelle qui se dessine au fil de l’aventure
  • L’arme qui projette des impulsions électriques
  • Des énigmes qui gagnent en intérêt au fil de la progression
  • L’utilisation du microphone de la manette pour attirer certains ennemis et résoudre des énigmes
  • Plusieurs musiques glauques qui renforcent l’atmosphère
  • Une expérience qui s’améliore après une première heure particulièrement difficile

Les –

  • Un manque de finition flagrant et de nombreux bugs
  • Des problèmes de collision, des ennemis qui se comportent bizarrement et des interactions qui disparaissent
  • Des menus et une interface qui laguent et dysfonctionnent
  • Des problèmes liés au microphone et aux sous-titres.
  • Des combats au corps à corps rigides et difficiles à maîtriser
  • Une difficulté punitive, particulièrement lors de certains affrontements et des boss
  • Une jauge d’endurance qui met une plombe à remonter
  • Des énigmes très basiques au début
  • Des dialogues peu convaincants et des choix parfois inutiles
  • Un scénario qui ne marque pas particulièrement

Article rédigé pour Xbox-Gamer.net et Lageekroom

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