TEST : Crysis Remastered Trilogy, que vaut la version Nintendo Switch ?

Crysis, c’est un nom que beaucoup de joueurs connaissent pour une simple et bonne raison. Pendant des années, le titre sorti en 2007 sur PC a été considéré comme un maître étalon poussant bien des configurations dans leurs retranchements. A l’heure actuelle encore, il reste un très beau jeu qui brille visuellement mais également grâce à son moteur physique. Si en plus vous lui appliquez les mods sortis pour l’embellir encore (comme le mod Enhanced Edition), vous pouvez toujours en profiter de la plus belle des manières. En 2011, un portage sur Xbox 360 et PlayStation 3 a été réalisé. S’il restait louable, il était tout de même le fruit de plusieurs concessions pour permettre au jeu de tourner sur les machines de l’époque. Et nous ne parlons pas de la version Remastered sortie il y a un peu plus d’un an sur PlayStation 4 et Xbox One qui était plutôt foirée. Cependant, cela n’a pas empêché Crytek de vouloir proposer une Crysis Remastered Trilogy comprenant les versions remasterisées des trois opus, sur PlayStation 4 et Xbox One (jouables sur PlayStation 5 et Xbox Series X|S grâce à la rétrocompatibilité) mais également sur Nintendo Switch. De quoi faire les grands yeux et avoir peur… Jusqu’à la bonne surprise ?


TEST : Crysis Remastered Trilogy, que vaut la version Nintendo Switch ? lageekroomPetite console, petit hardware, grosse performance !

Si vous tenez à savoir ce que donne la Crysis Remastered Trilogy sur PlayStation 5, soit la version PlayStation 4 tournant sur la dernière née de Sony grâce à la rétrocompatibilité, nous vous invitons vivement à lire notre critique à cette adresse. Dans les grandes lignes, Crysis 3 est le moins bon et le plus court, on le considère plutôt comme un jeu bonus, Crysis 2 a ses défauts mais offre une jungle urbaine plutôt intéressante et une solide aventure d’une dizaine d’heures, tandis que Crysis premier du nom, qui s’en sort difficilement sur PlayStation 4, reprend un second souffle sur PlayStation 5 (il en va de même sur les Xbox). Le SSD et la puissance supplémentaire gomment une partie des ratés techniques, notamment au niveau du frame rate, enfin stable à 60 images par seconde. De fait, quand on connaît le résultat de la version Remastered de Crysis sur PlayStation 4 et Xbox One, nous avions très peur pour le résultat sur la Nintendo Switch, console aux atouts indéniables qui ne mise pas sur sa puissance pour briller…


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L’année dernière, Crytek avait également sorti l’édition Crysis Remastered au format numérique sur l’eShop de la Nintendo Switch. Nous n’allons pas revenir dans les détails puisque nous avons déjà écrit une critique de cette version à cette adresse. Dans les grandes lignes, Crytek et Saber Interactive ont fait des miracles. Certes, la formulation peut prêter à sourire mais en jouant correctement sur les résolutions (le jeu oscille entre le 540p et le 900p en mode TV et entre le 400p et le 720p en mode portable), en limitant le titre à 30 images par seconde et en jouant avec la qualité des assets, les développeurs ont réussi à retranscrire l’expérience Crysis sur la console de Nintendo, ce qui était très loin d’être gagné. On garde plusieurs détails, les palmiers qui se coupent sous les balles, les feuilles qui plient sur notre passage, etc. Le moteur physique, certes plus limité, est loin d’être sacrifié, bien au contraire, et le rendu, bien qu’un peu terne parfois, reste vraiment chouette. Même les effets de lumière et certains ombrages sont surprenants, dans le bon sens du terme. Certes, il y a quelques bugs, des errances de l’I.A. ou de la physique mais l’ensemble relève d’un petit exploit, surtout en mode nomade (y jouer sous la couette ou en déplacement est agréable) quand on connaît le jeu initial. Bien entendu, Nintendo Switch oblige, malgré les assistances, les Joy-con manquent de précision pour bien affronter les modes de difficulté supérieurs. Il est donc plutôt recommandé de passer en mode TV avec un pad plus classique.


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Avec la Crysis Remastered Trilogy, les développeurs ont ajouté les versions remasterisées de Crysis 2 et de Crysis 3. Crysis 2 était un très beau jeu à sa sortie, mais cela se faisait non sans un certain prix, notamment avec un moteur physique largement revu à la baisse, une progression encore plus linéaire et répétitive et une jungle urbaine bien moins luxuriante que celle d’une île, etc. Quand on voit le travail réalisé pour la Switch sur le premier volet, on est moins surpris par celui réalisé sur le deuxième. Les jeux de lumière ont profité d’un certain soin, certaines textures sont plutôt agréables alors que d’autres sont moins soignées, les ombres ont été revues et l’ensemble se veut assez propre même si on aperçoit assez aisément du flou dans le fond ou un poil d’aliasing à quelques rares moments. De même, en ayant réussi à conserver pas mal de détails au niveau de l’environnement, on ressent quelques chutes de frame rate dès que l’action s’emballe trop ou à certains moments lorsque le jeu sauvegarde automatiquement. Le rendu n’est pas optimal mais encore une fois, quand on connaît le hardware de la Nintendo Switch, il faut bien avouer que le rendu global est vraiment satisfaisant. Bien entendu, pour le reste, c’est du Crysis 2, donc on retrouve aussi bien les qualités que les défauts de l’époque, à commencer par une I.A. qui est toujours à revoir, celle-ci étant tantôt trop efficace, nous repérant de loin malgré des obstacles visuels, tantôt stupide.


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Enfin, Crysis 3. Comme nous vous le disions plus haut, considérez-le comme un jeu bonus. Il est court, il est clairement inférieur aux deux autres, l’arc est toujours aussi cheaté et sa difficulté souffre de gros problèmes d’équilibrages. Donc vous l’aurez compris, l’opus ne s’est pas bonifié dans sa version remasterisée. Néanmoins, on ne peut que saluer une fois encore le travail des développeurs. Ils ont vraiment bien bossé sur les effets visuels (rien que la forte pluie au début du jeu, avec les bâches qui virevoltent au gré du vent, impressionne). Bien entendu, par rapport à l’opus original, ils ont été obligés de faire quelques concessions, comme le sacrifice des textures au niveau des armes ou de certains éléments, mais l’ensemble tourne relativement bien et, étrangement, nous avons subi un peu moins de chutes de frame rate qu’avec Crysis 2 notamment. L’ensemble reste encore joli, surtout si vous prenez le temps au lancement du jeu de régler la luminosité que nous avons trouvée beaucoup trop basse de base. Comme pour Crysis premier du nom, les Joy-con manquent toujours de précision pour Crysis 2 et 3, ce qui est dommage car c’est finalement en mode portable qu’on reste le plus impressionné par la qualité des portages. C’est d’ailleurs ce mode qui permet de se démarquer des versions PlayStation 4 et Xbox One tournant sur PlayStation 5 et Xbox Series. Toujours est-il que si vous n’avez pas les dernières consoles de Sony ou Microsoft, cette version Nintendo Switch est finalement celle qui s’en tire le mieux en optimisant bien les concessions graphiques et technique, ainsi que les apports (les jeux de lumière notamment, les ombrages revus, etc.) pour un rendu relativement stable et surtout vraiment joli sur une console si peu puissante par rapport à ses consœurs.



Que ce soit Crysis, Crysis 2 ou Crysis 3, les trois jeux conservent leurs qualités et défauts de l’époque. Ils ont clairement vieilli sur certains points, notamment au niveau de la narration, de la mise en scène et de certaines mécaniques de jeu, sans parler de l’I.A. qui mériterait un bon correctif depuis le temps. Crysis reste le meilleur opus et c’est celui qui reste encore le plus impressionnant au niveau du moteur physique. Crysis 2 n’est pas un mauvais jeu mais il misait plus sur sa plastique séduisante à l’ère PlayStation 3 / Xbox 360 que sur le reste, et ce même si l’aventure n’était pas désagréable pour autant avec cette progression dans une jungle urbaine plus froide mais pas inintéressante pour autant. Crysis 3, quant à lui, est le jeu le plus court (5h contre une dizaine pour le premier et une huitaine à une dizaine pour le deuxième), le plus rébarbatif et le moins bien équilibré. C’est presque le jeu bonus qui permet de pousser la durée de vie globale au-delà des 20H pour une cinquantaine d’euros. Et quand on sait que chaque épisode est proposé à l’achat individuel à 29,99€, soit un peu moins de 90€ pour les trois, on a vite fait de lâcher 49,99€ pour la Trilogy. Dans tous les cas, même si la version Switch est la version la moins impressionnante visuellement parlant, surtout en mode docké, elle reste la plus impressionnante par rapport à la technologie du hardware, surtout en mode nomade. Certes, cela passe par des concessions (résolution dynamique basse, 30 FPS, textures revues à la baisse pour certaines, etc.) mais le rendu n’en reste pas moins très agréable et l’ensemble parfaitement jouable. Les développeurs ont vraiment bien bossé pour obtenir un rendu superbe pour de la Nintendo Switch, avec des jeux de lumière travaillés, un Crysis premier du nom qui conserve une physique très correcte, des ombres agréables et tout un tas de détails qui font qu’on peut vivre l’expérience Crysis (les trois mêmes) sur une console portable. Rien que pour ça, chapeau bas aux développeuses et aux développeurs qui ont participé à ces portages remasterisés.


Les +

  • Portages Switch de qualité
  • Jouer en mode nomade impressionne
  • Pas mal de détails conservés
  • Effets de lumière travaillés
  • Trois jeux en un
  • Un tarif plutôt correct (49,99€)
  • Majoritairement fluides…

Les –

  • Malgré quelques chutes de frame rate
  • La résolution en prend un coup
  • Il y a forcément diverses concessions
  • Crysis 3 est toujours le moins bon
  • La précision des Joy-con, encore et toujours
  • L’I.A. et ses errances

Testé rédigé par Vincent – Lageekroom

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