TEST : John Carpenter’s Toxic Commando (PS5) : un héritier de Left 4 Dead qui assume son côté série B
Les jeux coopératifs où l’on déglingue des hordes de zombies ont toujours eu une place à part dans le cœur des joueurs. Depuis Left 4 Dead et sa suite, véritables références du genre, rares sont les titres à avoir réussi à retrouver cet équilibre parfait entre action, coopération et plaisir immédiat. Plus récemment, Back 4 Blood avait tenté de reprendre le flambeau, sans jamais parvenir à faire oublier ses prestigieux aînés. C’est donc avec une certaine curiosité que nous avons découvert John Carpenter’s Toxic Commando, développé par Saber Interactive, un studio qui connaît bien le sujet après l’excellent World War Z. Ajoutez à cela la participation de John Carpenter, maître incontesté du cinéma fantastique et de l’horreur, et tous les ingrédients semblaient réunis pour offrir un shooter coopératif particulièrement explosif. C’est parti pour notre avis !
Disponible en solo ou en coopération jusqu’à quatre joueurs, John Carpenter’s Toxic Commando nous plonge dans un monde ravagé par une mystérieuse catastrophe ayant transformé une grande partie de la population en créatures monstrueuses. Zombies classiques, mutants massifs, colosses capables d’encaisser des quantités impressionnantes de dégâts ou encore créatures aux attaques spéciales composent un bestiaire certes assez conventionnel mais suffisamment varié pour renouveler régulièrement les affrontements. La série B est assumée, et nous avons pris pas mal de plaisir durant nos premières heures de jeu.

La participation de John Carpenter était évidemment l’un des principaux arguments du jeu. Si le célèbre réalisateur a effectivement contribué à l’univers et au scénario, son empreinte reste finalement assez discrète. Les dialogues jouent volontairement la carte de la série B (avec plus ou moins de succès, avouons-le), les personnages multiplient les répliques pleines d’autodérision et l’ambiance générale rappelle les films d’action horrifiques des années 80.
En revanche, sa patte se ressent davantage dans l’identité sonore du titre, avec des compositions électroniques aux accents synthétiques qui évoquent immédiatement ses plus grands classiques. Son nom apporte un véritable cachet à l’ensemble même si, très honnêtement, le jeu aurait sans doute fonctionné de la même manière sans cette prestigieuse signature.

La campagne se compose de neuf missions, chacune prenant place dans de vastes cartes semi-ouvertes. Contrairement à Left 4 Dead, où l’on avançait de manière relativement linéaire, Toxic Commando encourage davantage l’exploration. Chaque niveau propose plusieurs objectifs principaux ainsi que diverses missions secondaires facultatives. Ces dernières ne servent pas uniquement à rallonger la durée de vie, car elles permettent surtout de récupérer des ressources indispensables pour préparer la dernière défense.
Avant l’assaut final, il est ainsi possible d’installer des tourelles automatiques, des clôtures électrifiées, des mortiers ou encore différents systèmes défensifs qui feront toute la différence lorsque les centaines de zombies déferleront sur votre position. Ignorer cette phase d’exploration est d’ailleurs rarement une bonne idée : même en difficulté normale, les dernières vagues peuvent rapidement devenir très exigeantes t vous submerger.

L’une des vraies réussites du jeu concerne les déplacements en véhicule. Saber Interactive met clairement à profit son expérience acquise sur des licences comme SnowRunner. Plusieurs véhicules sont disponibles et chacun possède une véritable physique. Il faut en plus de ça surveiller leur carburant, éviter de rester embourbé dans la boue, utiliser un treuil pour franchir certains passages ou encore améliorer progressivement leur équipement.
Ces véhicules deviennent rapidement de véritables armes de destruction massive. Écraser des dizaines de zombies, défoncer des barricades ou traverser les hordes procure un plaisir immédiat, d’autant que les sensations de conduite sont particulièrement convaincantes. En coop, c’est forcément plus sympa, avec un joueur qui conduit et les autres qui canardent tout ce qui s’approche.

Comme tout bon jeu du genre, Toxic Commando repose sur un système de classes. Bombardier, médecin, garde du corps ou machiniste disposent chacun de compétences spécifiques qui favorisent le jeu en équipe, même si l’ensemble reste relativement classique face à la concurrence. À cela s’ajoute une progression basée sur l’expérience gagnée au fil des missions, et monter en niveau permet de débloquer de nouveaux bonus passifs, d’améliorer certaines capacités ou de spécialiser davantage son personnage selon son style de jeu. On trouve également quelques attaques spéciales bien puissantes.
Les armes évoluent elles aussi progressivement. En explorant les cartes, on récupère suffisamment de ressources pour améliorer leur puissance, réduire le recul, augmenter la capacité des chargeurs ou encore optimiser leur maniabilité. Rien de révolutionnaire, mais suffisamment de possibilités pour donner envie d’expérimenter différents équipements.

Sur le plan technique, Saber Interactive confirme une nouvelle fois son savoir-faire. Le jeu tourne de manière très fluide sur PS5 Pro, même lorsque plusieurs centaines de zombies envahissent simultanément l’écran. Les affrontements de masse restent spectaculaires et les nombreuses explosions tentent de nous en mettre plein les yeux. C’est franchement sympathique, même si un cran en dessous de World War Z.
Visuellement, l’ensemble est également agréable, avec une direction artistique qui varie les ambiances entre zones industrielles, campagnes ravagées ou secteurs urbains. On regrette simplement que les environnements finissent eux aussi par se répéter. Malgré quelques variations de météo ou de luminosité, on ressent rapidement une certaine impression de déjà-vu.

Notez enfin qu’un mise à jour gratuite a débarqué le mois dernier :
« La mission Urban Blight (Fléau urbain en français) se déroule un an après les événements du jeu. L’humanité, à commencer par la véreuse entreprise Hopewell, n’a pas su tirer les leçons du passé: ils sont bien déterminés à utiliser le sludge comme une arme, risquant de provoquer une nouvelle apocalypse. Une fois de plus, il appartient aux Commandos de sauver la ville… et avec un peu de chance, le monde !
En parallèle de la nouvelle mission, la mise à jour Urban Blight inclut plusieurs nouvelles fonctionnalités de gameplay :
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Affrontez votre premier ennemi volant : le Frelon ! Cet insecte attrape les joueurs, les emporte dans les airs et les lâche, infligeant de sérieux dégâts.
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Prenez le contrôle de deux nouveaux véhicules, l’Élévateur et le APC Batteur. L’Élévateur est exclusif à la mission Urban Blight, tandis que le Batteur, sa tourelle et son système de missiles peuvent être trouvés sur d’autres cartes.
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Découvrez les Épreuves, de nouveaux défis quotidiens, hebdomadaires et saisonniers permettant de gagner de l’XP et de débloquer des récompenses exclusives.
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Décimez des hordes de zombies avec six nouvelles armes, dont trois armes principales, une arme secondaire, une arme lourde et une arme de mêlée. »
John Carpenter’s Toxic Commando reprend presque toutes les mécaniques que l’on connaît déjà, sans véritable prise de risque. Pourtant, il réussit malgré tout à offrir une expérience agréable grâce à son action généreuse, ses combats nerveux, ses bonnes sensations de tir et son mode coopération efficace. Son principal défaut reste cette répétitivité qui s’installe assez vite. En solo, les huit heures nécessaires pour terminer la campagne peuvent même sembler un peu longues tant les objectifs finissent par se ressembler. En revanche, en coopération, en enchaînant une ou deux missions de temps à autre avec des amis, le plaisir reste intact. Les amateurs du genre devraient y trouver leur compte, même si on vous conseille de mettre la main dessus pour une trentaine d’euros maximum.
Les +
- L’ambiance série B assumée
- Les musiques et le sound design inspirés de John Carpenter
- Des affrontements intenses et gores
- Les déplacements en véhicules, excellents
- Les cartes semi-ouvertes qui encouragent l’exploration
- Une progression agréable avec de nombreuses améliorations pour les armes et les personnages
- Une réalisation solide et très fluide, même face aux immenses hordes
Les –
- Une formule très classique et une répétitivité qui s’installe rapidement
- Des environnements qui manquent de variété
- Une IA des compagnons assez limitée en solo
- Quelques pics de difficulté si on néglige l’exploration
- Un scénario très secondaire malgré la présence de John Carpenter
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