TEST : Hellblade: Senua’s Sacrifice, entrez dans la psychose de Senua, sur PC, Xbox One et PS4

Quand Ninja Theory fait le choix, en 2013, de développer et d’éditer un jeu abordant la psychose (un sujet tabou et trop souvent maladroitement lié à d’autres troubles mentaux), le studio anglais décide de mettre tous les moyens à disposition pour retranscrire au mieux leur savoir à ce sujet. Après presque 5 années de recherche, de développement, le tout avec l’aide de médecins spécialisés et même de personnes atteintes de psychose, leur oeuvre voit le jour. Ce jeu à la 3ème personne nous glisse dans la peau de Senua, guerrière celte, qui nous embarque dans son périple en terre Viking. Elle porte un lourd deuil et vise le royaume d’Helheim pour y affronter la déesse des enfers. Son chemin sera parsemé d’embûches, et entre puzzles et combats, elle devra surtout faire face aux délires psychotiques qui la rongent, « ses ténèbres » les nomme-t-elle. Un parfait cocktail s’offre au joueur, mêlant mythologie nordo-celte et l’histoire personnelle de notre héroïne. Sans plus tarder, je vous décris au mieux mon voyage inoubliable en pays nordique, qui se veut bien plus qu’un simple jeu vidéo.



Le Noooooooord

Nous voilà à bord d’un radeau de fortune, sur les flots d’une rivière jonchée de cadavres flottants, au cœur d’une forêt exiguë. Et oui, le pays des bisounours n’est pas sur le chemin de notre guerrière, et le ton est donné dès les premières secondes de jeu, que ce soit par son visuel charmeur grâce un bien joli panorama ou sa bande sonore très oppressante. Restons sur le coté sonore, qui est clairement le nerf du jeu : des voix vous parleront presque sans répit (certaines seront directement adressées à Senua), tandis que d’autres parleront d’elle à la 3éme personne, pour l’encourager dans sa quête (ou parfois le contraire). Je vous conseille fortement de faire le jeu au casque car les effets sonores sont exceptionnels. Le système « binaural » m’as imprégné dès le début du jeu et donne réellement l’impression d’avoir des voix autour de soi. Pour ce qui est du visuel, le jeu est tout simplement superbe ! Tout au long du périple, les terres d’Odin vous offriront des panoramas à couper le souffle, de la nature verdoyante, en passant par des villages en flammes ou encore des grottes souterraines cauchemardesques qui vous feront froid dans le dos.

Rajoutons à cela que l’aventure se fera les 3/4 du temps en plan séquence, ce qui est très agréable pour un jeu narratif aussi intense. Le plus souvent, la camera passera de gameplay à cinématique avec fluidité sans qu’un écran noir vienne casser le rythme. Vous l’aurez compris, ce Hellblade frappe très fort par son ambiance et mise en scène !



On the rune again

Le jeu se veut très narratif, et bien que le gameplay soit assez limité et plutôt classique, fouiner à droite et à gauche ne sera pas à bannir si vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire Nordique. A la manière d’un Mimir dans God Of War, des piliers de pierre ou de bois marqués d’une rune vous raconteront des histoires mythologiques, par exemple sur Loki, Odin ou encore le légendaire Ragnarök. Le tout se fera grâce au fameux « focus » : Senua possède une sorte de pouvoir que vous pourrez déclencher à votre guise à l’aide d’une pression sur la gâchette. Cela vous permettra d’activer une sorte de concentration/zoom pour activer ces runes, mais pas que ! Ce focus vous sera indispensable pour les nombreuses phases de puzzle. Le plus souvent, des portes marquées de runes bloqueront votre chemin : pour les ouvrir, vous devrez retrouver ces runes en jouant avec les décors, grâce à des jeux de lumières, de perspective etc… La plupart du temps, ces puzzles seront agréables et habillement jaugés en terme de difficulté, même si on pourrait parfois s’en passer.



« Finish Him »

Autre pièce maîtresse de la bête : les combats ! Comme noté plus haut, il n’y a rien d’exceptionnel en terme de prise en main. Coup rapide, frappe lourde, se protéger et faire une roulade sont au « menu » baston. On peut reprocher une certaine rigidité dans les mouvements et des combats parfois longs, trop longs … et qui cassent le rythme. Je me suis souvent posé la question « mais ça fini quand ? » La possibilité d’activer un ralenti à l’aide du focus est plutôt classe pour effectuer des enchaînements : les combats sont violents et chaque coup d’épée marquera l’ennemi d’une cicatrice (détail très sympa). Le bestiaire n’est pas très varié mais les ennemis sont d’un charisme et d’une telle classe qu’on ne voudra pas leur faire un câlin.

Sachez que la difficulté peut être changée à tout moment. J’ai fait l’aventure avec la difficulté par défaut nommée « Auto », que j’ai trouvé très bien jaugée. On dira que c’est le juste milieu, même si effectuer des roulades et parer ne sera pas un luxe pour rester parmi les vivants. Les choses se compliquent lorsque l’on parle de la « pourriture » qui viendra gangrener votre main droite, puis le coude etc… Chaque mort fera grimper cette gangrène, et si par malheur celle-ci atteint la tête de notre héroïne  : ce sera la fin du jeu. J’ai terminé le jeu infecté jusqu’à l’épaule (stress maximum), et je n’ai donc pas pu voir le cas extrême. A vous de découvrir le résultat ! Un épée de Damoclès qui renforce le coté anxiogène apporté par l’ambiance.



Un jeu qui laisse « sans voix »

Pas facile de résumer ce Hellblade par des mots tant il nous procure d’émotions (autant par l’ouïe que par la vue). Il faut absolument y jouer pour comprendre ! On soulignera l’énorme performance de Melina Juergens, qui interprète Senua : elle nous emporte à la perfection dans son rôle et prouve que le jeu vidéo est tout autant un art que la musique ou le cinéma. Je vous invite d’ailleurs à regarder le documentaire intégré au jeu qui dévoile les coulisse du développement (à regarder après avoir fait le jeu pour éviter tout spoil).



Ninja Theory a su nous plonger dans une trame personnelle unique, tout en abordant un sujet certes difficile à étaler mais habilement retranscrit. Un pari risqué mais qui marche ! Personnellement, ce périple d’une dizaine d’heures m’a marqué et rentre dans mon panthéon vidéo-ludique. Hellblade : Senua’s Sacrifice n’est pas parfait mécaniquement parlant, mais pour le reste, c’est une leçon de travail donné par ce petit studio. Avec sa mise en scène divine et sa claque artistique, le jeu est un coup de cœur pour ma part.



Les +

  • Bande sonore irréprochable
  • Direction artistique incroyable
  • Mise en scène maîtrisée
  • Que c’est beauuuuuu
  • Senua, tout simplement
  • Des combats féroces
  • Des puzzles sympa…

Les –

  • …Mais parfois un peu trop présents
  • Combats souvent trop longs
  • Peut paraître répétitif sur la fin
  • Pas de version physique (faut bien trouver des points négatifs)








Testé sur PS4 par Pixel_Life

2 pensées sur “TEST : Hellblade: Senua’s Sacrifice, entrez dans la psychose de Senua, sur PC, Xbox One et PS4

  • 13 mai 2018 à 21 h 10 min
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    Super Test. Jeu déjà fait mais je vais le refaire en attendant Detroit et suite fin de God of war.
    Tout est dit dans ton test, rien à rajouter. J’adore ✌🏻✌🏻

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  • 14 mai 2018 à 0 h 58 min
    Permalink

    Super test Nico, ça fait plaisir. J’ai envie de me le prendre depuis pas mal de temps mais j’attend une baisse de prix. J’ai hâte! Merci pour ton super boulot !

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