Avis BD Ankama : Un dernier été au cimetière (récit complet)

Ces dernières semaines, nous avons eu la chance de découvrir de nombreux et très beaux ouvrages, certains se démarquant par leur récit. Mais notre roman graphique du jour pousse encore l’originalité d’un cran, et nous emmène dans un cimetière durant les vacances d’été. Un cimetière qui sert de camping improbable, et qui accueille des personnages qui vont vivre des moments aussi tristes que joyeux. « Un dernier été au cimetière » sera disponible le 24 mai 2024 aux éditions Ankama, et nous avons eu la chance de recevoir l’ouvrage avec un peu d’avance pour vous en parler. C’est parti !


Synopsis : Chaque été, tel un camping improbable, le cimetière se peuple d’une foule variée et hétéroclite. Chacun passe ses vacances dans les cryptes et les tombeaux familiaux, créant ainsi une communauté insolite qui partage joies et chagrins.​ Mais cette année, une annonce vient bouleverser les vacanciers : le cimetière doit fermer ses portes…​



La chaleur écrasante de l’été et l’ambiance des vacances vont de pair dans notre ouvrage du jour, dans lequel les caveaux familiaux du cimetière accueillent nos différents protagonistes. Certains viennent depuis des décennies, d’autres sont là pour la première fois. On fait par exemple la connaissance de Giorgio, qui vit dans le cimetière depuis la mort de sa femme, de Biagi, qui s’est installé sur l’emplacement de son amant décédé (et qui subit régulièrement des insultes homophobes de la part de certains), ou encore de Flavio et d’Adriana, qui cultivent de succulentes tomates. Ces vacances en apparence classiques cachent souvent des raisons bien précises, certains venant traverser leur deuil, d’autres étant là par habitude. L’ambiance est parfois pesante, le passé de certains étant douloureux (c’est par exemple le cas de Diletta, une américaine qui vient d’arriver avec sa famille et dont les parents sont décédés brutalement il y a peu), mais l’aspect humain prend rapidement le dessus. Les enfants se chamaillent mais font également les quatre cents coups, les ados se rapprochent, et les adultes y vont de leurs ragots. Les allées sont animées, et on en oublie presque qu’on est dans un cimetière, jusqu’à ce que les émotions de certaines et de certains reprennent le dessus.



L’ambiance de l’ouvrage de SantaMatita est assez incroyable, parfois légère, parfois pesante, notamment durant les cauchemars de Diletta. Voir ces personnages dormir dans des cryptes ou des tombeaux familiaux peut sembler étrange au premier abord, mais on s’y fait vite, et les personnages y trouvent une fraîcheur bienvenue après avoir souffert de la chaleur écrasante du soleil. Le deuil est bien évidemment au cœur de l’ouvrage, et ce thème délicat est bien traité, grâce à des personnages bien écrits et touchants. On peut par exemple citer Enrica, qui passe ses étés au cimetière depuis une vingtaine d’années et qui va aider Diletta à traverser son deuil. On s’attache facilement à certains personnages, enfants comme adultes, et le style visuel participe grandement à l’immersion. L’autrice dit apprécier utiliser des techniques traditionnelles comme l’aquarelle, le graphite gras, l’encre ou encore la gouache, et si « Un dernier été au cimetière » est son premier roman graphique (elle a auparavant travaillé comme illustratrice et coloriste), on ressent une belle maîtrise, et ce dès la couverture de l’ouvrage. Parfois étrange, souvent touchant, « Un dernier été au cimetière » fait partie des ouvrages forts de ce mois de mai, et on ne peut que vous le conseiller si vous êtes à la recherche d’une histoire qui sort de l’ordinaire.


Lageekroom

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