Avis BD Grand Angle : Deux Passantes dans la Nuit – Tomes 1 et 2 (histoire complète)

Le premier tome de « Deux Passantes dans la Nuit » n’est pas une nouveauté, l’ouvrage étant disponible depuis l’été dernier aux éditions Grand Angle, mais nous avions à cœur de revenir sur ce récit que nous avons beaucoup aimé à l’occasion de la sortie du tome 2 le 1er septembre prochain, que nous avons la chance d’avoir déjà entre les mains. Et lorsque l’on retrouve au casting de cette histoire en 2 volumes des personnalités telles que Patrice Leconte, Jérôme Tonnerre et Alexandre Coutelis, on ne peut que s’attendre à quelque chose de « cinématographique ». C’est bel et bien le cas, et nous allons voir de quelle façon les aventures d’Arlette et Anna ont réussi à nous embarquer !


Avis BD Grand Angle : Deux Passantes dans la Nuit - Tome 1Synopsis : Arlette sort de prison, heureuse d’être libre dans Paris occupé. Anna, magicienne, est flanquée à la porte du cabaret dans lequel elle se sentait à l’abri. Les chemins de ces deux femmes se croisent, le hasard sachant si bien organiser les rencontres inattendues. Autant Arlette est insouciante et légère, autant Anna semble se méfier de tout, comme si elle était traquée. Elles sillonneront en une nuit Paris, la ville lumière sans lumières, à la recherche de ce qui pourra leur sauver la vie, deviendront amies par la force des choses, ne pourront éviter les contrôles d’identité, les silhouettes sombres, les menaces diverses, les désillusions, toutes ces choses qui obligent à fuir, encore et toujours, jusqu’au lever du jour. L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


Avis BD Grand Angle : Deux Passantes dans la Nuit - Tome 1


Lorsqu’Arlette sort de prison, les choses ont bien changé… La ville de Paris est occupée par les nazis, un couvre-feu est en vigueur… Les nazis eux-mêmes surnomment Paris « la ville sans regard », tant la capitale a perdu de sa superbe. L’ambiance est glaciale, et les habitants disparaissent soudainement à la tombée de la nuit pour ne pas être contrôlés, ou pire embarqués, par les nazis. Arlette est insouciante, et cherche à retrouver son homme après avoir retrouvé sa liberté. Elle a été enfermée pour un délit qu’elle n’a pas commis, se faisant accuser à la place de celui qu’elle aime… mais qui semble l’avoir oubliée. Mais bien que les rues de Paris soient totalement désertes, les caves restent animées, bien que la présence de contrôles de police reste une menace permanente. Arlette va rapidement croiser la route d’Anna, une magicienne pensant être à l’abri dans le cabaret dans lequel elle exerce, mais qui va être « balancée ». Les 2 jeunes femmes se retrouvent donc dans la rue et vont vivre une succession d’événements marquants, riches en émotion mais surtout en intensité. La tension est à son comble lorsque les jeunes femmes sont victimes d’un contrôle de police qui va mal tourner. Difficile en tout cas de faire confiance à qui que ce soit dans un monde où la dénonciation fait partie du quotidien des habitants de la ville, mais Arlette va tout faire pour aider sa nouvelle amie à se trouver des papiers pour échapper aux nazis. Les 2 jeunes femmes vont même se retrouver face à leurs ennemis en tentant de retrouver Félix, l’ancien amoureux d’Arlette, qui a changé de camp…

La menace plane continuellement sur nos 2 héroïnes, qui tentent tant bien que mal de trouver du réconfort dans certains lieux en apparence chaleureuse mais dont elles se font systématiquement refouler. L’ambiance est froide, souvent dure, mais la détermination d’Arlette et Anna rend les 2 jeunes femmes attachantes, et on s’inquiète constamment pour elles, certaines rencontres étant bien difficiles à gérer. Cette situation si particulière sous l’occupation a fait ressortir le côté sombre de certains, qui en ont profité pour se faire de l’argent sur le dos des autres. L’ambiance et totalement immersive est magnifiée par le choix des couleurs d’Alexandre Coutelis, qui utilise avec justesse ses couleurs pour faire de Paris une ville à la fois sombre mais également éclairée. Le tout est très harmonieux, et opte pour des tons jaunes, bleus ou encore oranges sans jamais agresser la rétine. Les personnages ne sont pas en reste, et on sent toute l’agressivité des faciès de ces hommes qui envoient valser Arlette et Anna (même le prêtre les chasse de son église), sans parler des « policiers » aux visages froids et impersonnels. On sent clairement l’influence du cinéma, aussi bien au niveau des éclairages que de la mise en scène et du découpage. Les dialogues restent souvent en retrait, et on pourra regretter que l’ensemble se parcourt un peu trop rapidement.


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Même si l’intrigue de  » Deux Passantes dans la Nuit » manque un peu de consistance, notamment sur la fin, l’ambiance est totalement réussie et on s’attache rapidement à ces 2 héroïnes perdues dans un Paris occupé et dont les menaces se cachent à chaque coin de rue. C’est avant tout une histoire humaine que nous proposent Patrice Leconte, Jérôme Tonnerre et Alexandre Coutelis, dans un cadre très particulier et bien développé. Visuellement, l’atmosphère qui se dégage de certains lieux transperce les pages, et le choix des tons et des couleurs est remarquable. L’ensemble se lit un peu trop vite, mais l’immersion est au rendez-vous, avec un aspect cinématographique très réussi.


Lageekroom

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