Avis Glénat : La plus belle couleur du monde, de Golo Zhao

On peut dire que « La plus belle couleur du monde » est un ouvrage plutôt massif ! Ce sont en effet quasi 600 pages qui vous attendent dans ce roman graphique de Golo Zhao, que nous avons eu la chance de recevoir de la part des éditions Glénat. Après quasiment 2 bonnes heures pour le terminer, il est temps de vous donner notre avis sur cet ouvrage qui a su nous faire ressentir de chouettes émotions. C’est parti !


Avis Glénat : La plus belle couleur du monde, de Golo ZhaoSynopsis : Rucheng est en 3e2, c’est la classe avec l’option beaux-arts. À part le dessin et les cartes à collectionner, il n’est intéressé que par une chose : attirer l’attention de Yun. Une élève brillante qui, en plus d’être assez mignonne, maîtrise parfaitement le dessin et les couleurs. Rucheng aime bien Yun. Elle est douce et talentueuse. Mais il se demande parfois s’il ne se passe pas quelque chose entre elle et le beau gosse de la classe, Wen Jun. Il faut dire qu’il a tout pour plaire : il est grand, ses parents sont riches et lui rapportent tous les gadgets dernier cri du Japon, il est bon en sport et il arrive même à se débrouiller en dessin. Tous les trois voudraient d’ailleurs pouvoir entrer à l’Académie des Beaux-Arts l’année prochaine. Les places sont limitées et il faudra redoubler d’efforts. Mais même en se donnant à fond, on ne peut empêcher les coups du sort. La vie est faite d’aléas, de hasard, tout arrive et parfois, le talent et le travail ne suffisent pas pour réaliser ses rêves. L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


Avis Glénat : La plus belle couleur du monde, de Golo Zhao


Oui, nous avons adoré l’ouvrage de Golo Zhao, qui est pourtant classique sur bien des points. On y découvre le quotidien de Rucheng dans la Chine des années 90. Le jeune homme tente de trouver sa place au milieu de ses camarades, lui qui galère un peu dans ses études de dessin et s’avère être plutôt nul en sport. C’est pourtant avec ses modestes atouts qu’il tente de se rapprocher de Yun, une élève nettement plus douée que lui mais également gentille et attentionnée. Mais notre héros a-t-il réellement sa chance, lui qui se retrouve toujours effacé face aux beaux gosses de la classe. Pire, Rucheng et ses amis sont les victimes d’un lycéen plus âgé, qui les rackette dès qu’ils vont dépenser leur maigre argent de poche pour s’acheter des cartes à collectionner. On constate rapidement que de nombreux thèmes importants sont abordés, comme le harcèlement, l’amitié, mais également les différentes classes sociales. Là où Rucheng galère à économiser quelques sous pour s’acheter la raquette de badminton la moins chère du magasin, un de ses camarades exhibe fièrement la GameBoy Pocket que son père lui a ramené du Japon (et dont le prix représente à l’époque entre 0,5 et 1 fois le salaire mensuel moyen). La vie n’est donc pas toujours facile pour notre groupe d’amis, et les événements s’enchaînent, faisant intervenir tout un tas de personnages secondaires. Il y a pas mal d’intrigues dans le récit, et quelques surprises sont même à prévoir en fin de lecture. Mais « La plus belle couleur du monde » est également un ouvrage contemplatif, qui nous plonge dans le quotidien, les doutes et les envies de tous ces collégiens attachants. Les années 90 sont bien retranscrites, avec pas mal de petits clins d’œil en rapport avec les technologies de l’époque (Rucheng et Yun écoutent leur musique grâce à des baladeurs K7). C’est touchant, et l’immersion est clairement au rendez-vous.

Nous avons beaucoup apprécié découvrir le quotidien de Rucheng, ses amis ou encore ses ennemis. Une véritable tranche de vie qui fonctionne grâce à l’écriture des personnages. Golo Zhao évite les clichés et nous livre une histoire pleine de sincérité, de nostalgie, mais également de générosité. Et que dire des dessins, qui profitent du grand format de l’ouvrage pour pleinement s’exprimer. Les expressions des visages sont travaillées, et le choix des couleurs toujours cohérent. On profite de superbes illustrations en pleine page qui mettent en valeur les personnages, leurs styles et leurs caractères. C’est vraiment très beau, et le découpage bénéficie de beaucoup de soin également. On a parfois l’impression de visionner un anime, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Seul le gros volume de l’ouvrage pourra gêner, et il sera forcément peu pratique de le découvrir dans le bus ou le train. Mais posé à la maison, c’est du tout bon !


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Golo Zhao nous livre une œuvre riche et généreuse avec « La plus belle couleur du monde ». Si l’ouvrage dégage une certaine fraîcheur et est empreint de nostalgie, il sait aborder des thèmes plus sérieux liés à l’adolescence, en rapport avec l’amour et l’amitié bien entendu, mais également le harcèlement ou encore la lutte des classes. Visuellement sublime, l’ouvrage se lit en 2 bonnes heures et n’ennuie pas une seconde, tant on s’immerge dans la vie de nos héros. C’est beau, souvent touchant, et la fin réserve même quelques surprises. On ne peut que vous conseiller de découvrir « La plus belle couleur du monde », disponible depuis le 7 juillet dernier aux éditions Glénat.


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