Avis BD : Camélia – Face à la meute (histoire complète)

Le harcèlement scolaire est un sujet plus que d’actualité, dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises à travers des ouvrages souvent poignants. Dans un tout autre registre, c’est également un des thèmes abordés dans l’excellent Lost Judgment, tout juste disponible et dont notre test de la version PlayStation 5 ne devrait pas tarder à arriver. Mais notre ouvrage du jour est une bande-dessinée en provenance de chez Bamboo Edition, et on retrouve Cazenove au scénario, Bloz au dessin, mais également l’autrice Nora Fraisse. Cette dernière connait bien le sujet et a sorti un récit en 2014, « Marion, 13 ans pour toujours », dans lequel elle relate le suicide de sa fille suite au harcèlement scolaire qu’elle subissait. Une histoire poignante donc, que l’on va ressentir à travers les pages de cette bande-dessinée depuis le 29 septembre dernier. C’est parti pour notre avis.


Avis BD : Camélia - Face à la meute (histoire complète)Synopsis : Camélia retourne à l’internat après deux mois de vacances. Celle qu’on appelait « Miss Bouboule » au collège est devenue une lycéenne bien dans sa peau. Elle va retrouver son amie Justine et la vie semble lui sourire. Mais c’est sans compter Valentine et sa clique qui vont la prendre en grippe. Et lorsqu’une simple photo est diffusée sur les réseaux sociaux, c’est la spirale du harcèlement qui emporte Camélia. Elle devient le souffre-douleur de tout l’internat… Et pas la peine de compter sur Justine, car son amie a, elle aussi, rejoint le clan des harceleurs. L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


Avis BD : Camélia - Face à la meute (histoire complète)


« Il s’agissait de raconter une histoire réaliste, pédagogique, que chacune et chacun puisse se retrouver et agir contre ce fléau des préaux qui a envahi notamment les réseaux sociaux ». Cette phrase est plus que d’actualité, surtout ces derniers temps avec les événements en rapport avec les collégiens nés en 2010, qui subissent un harcèlement ciblé sur les réseaux sociaux. Un acte condamnable, révoltant, qui fait beaucoup parler et qui on l’espère saura réveiller les consciences. Mais revenons-en à notre ouvrage du jour, qui nous raconte l’histoire de Camélia, une collégienne sans histoire qui débute le lycée après les vacances scolaires. Alors que Camélia passe de bons moments avec son amie Justine (qui partage sa chambre à l’internat), les choses vont rapidement déraper. Jalousie, moquerie, insultes sur les réseaux : tout va partir d’une photo prise en cours de sport, et la spirale du harcèlement va emporter Camélia. Et pourtant, le thème du harcèlement est au cœur d’un des cours auquel assistent les élèves. Certains mots forts en ressortent : menaces, intimidation, insultes, effet de meute, rumeurs, violence. Mais c’est Camélia qui propose sans aucun doute le mot le plus fort : victime. Car il ne faut pas oublier les victimes justement, qui s’isolent et souffrent d’une solitude imposée par les autres, qui la plupart du temps ne font rien et ne témoignent pas. Ne seraient-ils pas tout autant coupables eux aussi ? Même Justine lâche Camélia, qui se retrouve seule au monde. Elle n’a ni frère ni sœur pour se confier, et parler à ses parents est quasi impossible pour elle. Ces derniers en viennent à se demander si ce n’est pas elle qui se comporte mal, mais Camélia ne veut pas leur faire de peine et qu’ils portent son fardeau, eux qui ont déjà vécu un événement familial dramatique.

Les événements s’enchaînent (convocation au poste de police, rencontre avec le proviseur), et on se demande comment Camélia va pouvoir relever la tête. Heureusement, la jeune fille pourra compter sur son ami Rayan, qui ne la laissera pas tomber. Le récit est accrocheur, même si parfois un peu classique, mais il n’y a pas besoin d’artifices pour raconter ce genre d’histoire poignante. La montée en puissance du harcèlement subi par Camélia est bien expliquée, et le côté réaliste de l’ensemble parvient à toucher lors de la lecture. Mais malgré le sujet abordé, les auteurs se permettent de proposer quelques moments plus légers, quelques sourires qui rendent les personnage encore plus attachants. Cette attache est renforcée par les dessins et le choix des couleurs, qui rendent la lecture agréable. Boz, qui en temps normal opte pour des dessins davantage humoristiques, utilise cette fois-ci un style plus réaliste pour coller au récit. Les thèmes abordés sont quoi qu’il en soit forts, bien traités (sans en faire trop), et la fin de la bande-dessinée s’achève sur « Les Carnets de Camélia », une dizaine de pages revenant sur le harcèlement, l’association « Marion la main tendue » et tout ce qui touche à ce sujet parfois tabou (pourquoi on ne parle pas du harcèlement ? Pourquoi on ne réagit pas tout de suite ? Comment se préserver du cyberharcèlement ?). Le harcèlement n’est pas une fatalité si chacun d’entre nous prend les choses en main.


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« Camélia – Face à la meute » est un ouvrage bien écrit et accrocheur, et l’aspect réaliste de son récit permettra on l’espère de réveiller les consciences, le thème du harcèlement scolaire étant au cœur de l’actualité. La montée en puissance du harcèlement que vit Camélia est bien détaillée, tout comme la relation avec ses parents et ses amis, et l’immersion est totale. La lecture est au finale intéressante et s’adresse aussi bien aux collégiens/lycéens/jeunes en général qu’aux adultes, qui n’ont parfois pas conscience des choses. On terminera avec un mot sur la qualité de l’ouvrage, excellente et proposant une couverture très parlante.


Lageekroom

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