TEST : Gran Turismo 7, retour en fanfare pour Polyphony Digital ?

En ce début d’année 2022, Sony et sa PlayStation 5 sont sous le feu des projecteurs. Après Sifu et Horizon Forbidden West, les joueurs ont la chance d’accueillir le nouvel opus de Gran Turismo, une saga qui a fait le bonheur de millions de joueurs depuis la toute première PlayStation. Moins marquante ces dernières années, et en retrait face au concurrent Forza, la saga a pris son temps, et Polyphony Digital compte bien nous livrer l’expérience ultime, qui plaira aux anciens comme aux nouveaux joueurs. Ce Gran Turismo est-il la lettre d’amour au sport automobile que l’on attendait tant ? C’est ce que nous allons voir. 


TEST : Gran Turismo 7, retour en fanfare pour Polyphony Digital ?Mettre les mains sur un nouvel opus de Gran Turismo, ça fait toujours quelque chose ! Nous avons suivi la licence depuis ses débuts sur PlayStation, et avons passé de nombreuses heures sur Gran Turismo et sur Gran Turismo 3 sur PS2. Autant dire que nous attendions ce GT 7 avec une certaine impatience ! Le récent State of Play d’une trentaine de minutes a su nous mettre l’eau à la bouche, et il restait à voir ce que cela allait donner manette en main. Forcément, il serait facile de comparer ce GT 7 avec Forza Horizon 5, qui est le jeu le plus récent de la saga de Microsoft, mais soyons clairs, les 2 jeux sont très différents. Vous ne retrouverez pas le côté « festif » d’un Forza Horizon (couleurs plus accentuées, décors variés et exotiques) dans ce GT 7, plus austère mais également plus réaliste. Et c’est justement ce qui nous a plu.


TEST : Gran Turismo 7, retour en fanfare pour Polyphony Digital ?


Gran Turismo reste une simulation, mais les aides à la conduite le rendent accessible à tous les joueurs, avec 3 modes difficulté au programme. Aide au freinage, à la direction, assistant de trajectoire, indicateur de freinage, choix du niveau de difficulté de l’IA, tout y est pour plaire aux nouveaux venus et aux joueurs ne souhaitant pas se prendre la tête. Les puristes se feront par contre clairement plaisir, en désactivant toutes les aides et en augmentant le niveau des adversaires (même si on reste loin d’un Assetto Corsa pour ne citer que lui). Si vous recherchez le challenge, vous allez l’avoir ! La marge de progression est vraiment importante, et de nombreux entraînements sont disponibles pour se perfectionner. Le jeu vous accompagne, vous apprend, vous forme, que ce soit sur les circuits ou via les nombreuses encyclopédies. Gran Turismo 7 aime ses voitures, l’histoire de l’automobile, et fait tout pour partager cette passion avec le joueur. Cela se ressent à chaque instant, et l’enrobage de certains lieux, comme le café, permet presque de se reposer entre 2 courses. Niveau contenu, Gran Turismo 7 s’avère vraiment généreux, et nous replonge dans les anciens opus, avec notamment la présence des permis (certaines médailles d’or sont vraiment tendues à choper). On retrouve ce que l’on aime dans la saga, malgré une campagne un peu « scriptée ». Comprenez par là qu’on vous dit systématiquement quoi faire et où aller, et il manque un poil de liberté dans la découverte de l’univers que propose le jeu. La map, présentée dans le State of Play, va petit à petit se dévoiler, avec différents lieux à visiter (café, missions, permis, circuits mondiaux, voitures neuves ou d’occasion à acheter, mode photo, multijoueur, GT Auto…).


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On gagne des crédits (pour acheter des véhicules, de l’équipement), de l’expérience, on fait monter son niveau de collectionneur : tout est fait pour happer le joueur, le pousser à jouer et à débloquer de nouveaux bolides. On compte plus de 400 voitures, toutes superbement modélisées, et aux caractéristiques uniques. A vous d’acheter les modèles adaptés à vos prochaines épreuves et de les améliorer (kit de freins, pneus, suspensions, embrayage, filtre à air, refroidisseur, nitro…) si vous sentez que vous allez être à la traine (plus le niveau de collectionneur est élevé, plus les éléments sont nombreux). Le menu maintenance et service est également très intéressant (le GT Auto), avec nettoyage du véhicule, changement de l’huile, ou encore restauration de la rigidité, et de nombreuses personnalisation visuelles. C’est ultra complet, et vraiment chronophage. A un moment donné, vous allez forcément vous casser le nez, sur une course ou un championnat, la difficulté étant progressive. C’est à ce moment là qu’il faudra prendre la bonne décision : faire quelques courses et gagner de l’argent pour changer de véhicule, ou améliorer celui que l’on possède déjà ? Quoi qu’il en soit, si vous aimez admirer vos véhicules sous toutes les coutures et en apprendre davantage sur leur histoire, vous êtes au bon endroit. Le titre demande de l’investissement : GT 7 n’est pas le jeu que l’on peut lancer le temps d’une petite partie, et on passe pas mal de temps dans les menus (ce qui va forcément déplaire à certains). Mais sur des sessions un peu plus longues, on prend beaucoup de plaisir, même si l’IA reste encore perfectible. On évite les adversaires qui restent figés sur leur trajectoire certes, mais leur comportement reste souvent bien sage.


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Mais niveau prise en main, ça donne quoi ? On précisera que nous avons joué au jeu à la manette, et que les sensations sont franchement bonnes. Malheureusement, et comme dans chaque Gran Turismo, la vue extérieure ne procure que peu de sensations. On a l’impression d’être sur un rail, et le rendu, en termes de gameplay ou même de visuel (la façon dont bouge la voiture) est décevant. En vue intérieure par contre, c’est autre chose ! La sensation de vitesse est excellente, et l’immersion au top. La vue cockpit est superbe, les intérieurs étant parfaitement modélisés. En quelques mots : on retrouve vraiment le feeling de la saga. Néanmoins, on se coltine également les mêmes défauts qu’à l’époque, à commencer par des collisions pas toujours précises, et des dégâts visuels quasi absents. Mais là où ce nouvel opus fait fort, c’est dans la gestion de sa météo et des diverses intempéries. Lorsqu’il pleut ou que le vent souffle, on ressent clairement l’impact sur la conduite, et il faudra faire preuve de prudence. De nuit, ça se complique également, et certaines courses sont vraiment tendues. On notera que la météo est dynamique, et qu’il arrive par exemple que la nuit tombe pendant une course. La prise en main à la DualSense est de son côté très agréable et fait son boulot, bien que cela puisse gêner sur le long terme. Heureusement, il est possible de régler la puissance des vibrations dans les options. Mais le travail réalisé est très réussi, et on ressent parfaitement les vibrations ou les gâchettes lorsque l’on roule sur d’autres surfaces que le bitume, suivant les environnements (les courses sur les autoroutes japonaises sont excellentes) ou lors des accrochages. On en attendait beaucoup de la DualSense, et on peut dire que le job est fait.


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Modélisations impeccables, reflets nombreux sur les carrosseries : Gran Turismo 7 n’est certes pas une grosse claque visuelle, mais l’ensemble est fluide, propre, et vraiment agréable à l’œil. Il n’y a pas d’effets tape à l’œil comme dans certains autres jeux du genre, qui usent et abusent d’effets visuels et de couleurs pétantes, mais plutôt une certaine sobriété, avec néanmoins de très beaux effets de lumière sur les voitures. Le ray-tracing, disponible durant les replay, fait vraiment plaisir, tout comme la météo dynamique. Quoi qu’il en soit, si les décors ne procurent pas d’effet waouh, les voitures ont bénéficié d’un soin tout particulier. Tout est fait pour les mettre en valeur, et on passe énormément de temps à les admirer sous tous les angles, notamment via un mode photo ultra complet et souvent superbe. Malgré tout, et c’est un peu paradoxal : c’est hors course, durant les replays, que le jeu est le plus joli, et que l’on peut admirer les plus beaux effets de lumière. C’est, une nouvelle fois, la vue extérieure qui déçoit, nettement moins immersive, tout comme les dégâts, très sommaires. Gran Turismo 7 affiche parfois une certaine austérité durant ses courses, mais on l’oublie vite une fois dans le feu de l’action, avec 34 environnements à découvrir.


TEST : Gran Turismo 7, retour en fanfare pour Polyphony Digital ?
Le mode photo est vraiment très classe

La musique et le sound design en général occupent une place importante dans le jeu, avec des sons de moteur réalistes qui diffèrent suivant la vue utilisée en course. Un gros travail a été réalisé, et on retrouve également le mode Rallye musical, sympathique pour de petites sessions. Il s’agit de franchir des points de passage avant la fin du chrono, ce dernier étant représenté par le rythme de la musique en cours. On retrouve également du multijoueur en ligne et en écran partagé (et ça c’est top !), des courses quotidiennes, des épreuves chronométrées ou des championnats. Et il y a aussi des tickets de roulette à débloquer (en remportant certaines épreuves ou en terminant des défis quotidiens), avec des lots à gagner, un peu comme dans Forza Horizon 5, avec gain d’argent, de pièces ou de véhicules. Des récompenses sympathiques (même si, dans 80% des cas, on se coltine la récompense la plus naze), et on ne crache pas sur quelques crédits, certaines voitures étant particulièrement chères. Oui, il faudra refaire encore et encore certaines courses pour engranger de l’argent. Attention, depuis sa sortie, le jeu a mis en place des microtransactions, histoire de posséder plus rapidement certains bolides, en échange d’argent réel bien sûr. Pour nous, c’est un gros non !


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La roulette du seum

Gran Turismo 7 se mettra à jour avec le temps, mais il est en l’état déjà très complet et très accrocheur. Si le titre est parfois austère et n’est pas une véritable claque visuelle, il fait son boulot et propose un contenu conséquent, de nombreuses épreuves, des véhicules superbement modélisés, des ralentis immersifs, un mode photo qui occupe des heures ou encore de nombreuses encyclopédies. Le jeu de Polyphony Digital est-il la lettre d’amour au sport automobile que l’on attendait ? Assurément oui ! Mais certains défauts bien connus des fans répondent toujours présents, à commencer par une vue extérieure pauvre en sensations, une IA qui demande encore quelques ajustements, et un solo un peu trop scripté. Malgré tout, le résultat est à la hauteur de nos attentes. Difficile en effet de lâcher la manette, la marge de progression étant vraiment intéressante. Le contenu est là, l’aspect « RPG » fonctionne bien, et les permis ou autres missions vont vous donner du fil à retordre. Un retour aux sources réussi, qui plaira sans aucun doute aux fans, mais aura peut-être du mal à convaincre ceux qui n’ont jamais véritablement accroché à la saga. 


Les +

  • contenu riche et varié
  • accessible aux débutants comme aux joueurs confirmés
  • très bonnes sensations de pilotage
  • c’est beau, sans en faire des tonnes
  • et parfaitement fluide
  • les ralentis, toujours aussi classes
  • la modélisation des véhicules
  • le sound design des moteurs (qui varie suivant la vue utilisée)
  • les permis et les missions, qui proposent un bon challenge
  • la météo dynamique
  • les sensations en vue intérieure
  • Le mode photo et l’éditeur de livrée
  • la DualSense fait son boulot
  • un mode solo accrocheur…

Les – 

  • … mais un peu trop scripté durant ses premières heures
  • le mode Rallye musical, anecdotique
  • parfois austère visuellement, et un peu trop « lisse »
  • ça manque de vie
  • la vue extérieure, pauvre en sensations
  • beaucoup d’allers-retours dans les menus
  • l’IA mérite d’être peaufinée
  • les collisions, parfois étranges

TEST : Gran Turismo 7, retour en fanfare pour Polyphony Digital ?


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2 pensées sur “TEST : Gran Turismo 7, retour en fanfare pour Polyphony Digital ?

  • 16 mars 2022 à 13 h 34 min
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    J’ai tout simplement adoré Gran Turismo 7. Le seul véritable problème que je lui trouve, c’est qu’il s’adresse surtout aux amateurs de la série. GT, c’est une formule, une philosophie de jeu. On aime ou pas

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  • 18 mars 2022 à 22 h 52 min
    Permalink

    Merci pour l’avis, je pense que je vais me laisser tenter par Gran Turismo 7

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