TEST : Remothered : Broken Porcelain, l’horreur à l’ancienne ?

Sorti en 2018, Remothered Tormented Fathers est un survival-horror intéressant, imparfait certes mais rendant hommage à certaines œuvres que l’on aime beaucoup comme Rule of Rose ou Clock Tower 3. Avec son ambiance réussie et ses rebondissements, le titre développé par le studio italien Stormind Games a su trouver une place dans notre collection de jeux d’horreur. C’est pour cette raison que nous attendions avec impatience Remothered : Broken Porcelain, sa suite directe. Cette dernière corrige-t-elle les défauts du premier jeu ? C’est ce que nous allons voir. 


TEST : Remothered : Broken Porcelain, l'horreur à l'ancienne ? blog gaming jeux video lageekroomNous n’allons rien vous spoiler dans ce test, mais sachez qu’un résumé de Tormented Fathers est disponible avant de lancer Broken Porcelain histoire de tout savoir de l’intrigue et des révélations du premier jeu. On se rend compte rapidement que le réalisateur du jeu, Chris Darril, aime le cinéma d’horreur et les survival des années 2000, et ne lésine pas sur les surprises. Malgré tout, il en fait peut être un peu trop et son histoire va très rapidement se compliquer. L’éditeur propose d’ailleurs une fiche sur internet présentant les personnages et le synopsis du jeu, histoire de démarrer l’aventure avec un maximum de repères. On commence donc le jeu en incarnant Jennifer, qui va se rendre compte que les résidents de l’auberge dans laquelle elle vient d’être envoyée se comportent de manière étrange, et se révèlent rapidement agressifs (on vous laisse découvrir pourquoi). Comme dans le premier opus, il s’agira de survivre et de découvrir ce qui se passe autour de vous, en avançant prudemment dans les couloirs de l’auberge et en prenant soin d’éviter ses occupants. On se faufile, on fouine, on récupère quelques objets histoire de se défendre ou de confectionner de quoi étourdir l’ennemi, et il ne faudra pas oublier de se planquer dans un placard ou une malle si on est poursuivi. Le début du jeu s’avère accrocheur et l’ambiance est excellente. Visuellement, le tout est plus fluide que dans le premier jeu, et on se fait rapidement aux différentes possibilités offertes par le gameplay. Seulement voilà, les problèmes vont vite arriver.


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Après des débuts prometteurs, tout s’écroule. L’histoire devient de plus en plus difficile à suivre, et les zones dans lesquelles ont évolue sont de plus en plus petites. La grande demeure sur plusieurs étages du premier jeu est bien loin, et il faudra se contenter ici de quelques couloirs, d’un ou deux environnements extérieurs, d’un sous-sol… Et c’est à peu près tout. Pire, la narration est très mal fichue, et il manque des morceaux de mise en scène. Notre personnage se retrouve parfois d’un endroit à un autre sans transition et la caméra fait souvent des siennes entre 2 cinématiques… On dirait qu’il manque à chaque fois une partie des scènes… C’est bizarre, et à ce manque de finition flagrant s’ajoute une tonne de bugs. Ennemis qui vous voient à travers une porte, personnage qui se bloque contre un élément du décor empêchant de s’enfuir ou qui ne s’arrête plus de sprinter, impossibilité de poignarder un ennemi par derrière alors qu’on pouvait la fois d’avant, QTE qui ne fonctionnent pas, boss qui disparaissent, sons qui ne se déclenchent pas… La liste est longue et plombe complètement l’expérience de jeu. On se bat la plupart du temps contre le jeu lui-même que contre nos adversaires. Le jeu manque d’explications, et certaines actions sont clairement illogiques. On reste parfois bloqué sans trop savoir quoi faire, alors qu’il suffisait de lire une note sur un bureau pour déclencher une cinématique. Les objectifs sont globalement mal expliqués, et il faudra parfois fuir vos ennemis, et d’autres fois les affronter, le tout dans une certaine confusion… Votre personnage débloquera également un « pouvoir » lui permettant de sortir de son corps pour interagir avec des éléments extérieurs et se sortir d’un mauvais pas, ou tout simplement pour étourdir un ennemi. Problème : en plus d’être assez lourd et imprécis, le gameplay ne nous est pas du tout détaillé. Il suffit de se faire acculer par un ennemi, et c’est foutu, on encaisse les coups et on meurt…


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Honnêtement, nous avons vraiment mal au cœur de dire tout ça, car on sent que les développeurs ont voulu bien faire. Certains personnages sont intéressants, il y a de bonnes idées de mise en scène, l’ambiance est top et rappelle parfois l’hôtel de Shining, la bande son est excellente et le jeu procure quelques frissons. Avoir un ennemi qui vous traque, arme à la main, est vraiment stressant ! L’histoire, bien que trop complexe, a le mérite de tenter des choses et d’être racontée sur plusieurs époques, réservant une nouvelle fois quelques surprises. Votre personnage peut même débloquer des améliorations (sprint, furtivité, création de pièges…) en dénichant des clés papillons, un concept sympathique mais qui influe peu sur le gameplay au final. Visuellement, le rendu des visages est très satisfaisant, et les décors ont leur propre identité. Une nouvelle fois, l’ambiance est excellente, mise en valeur par des pistes musicales  qui donnent souvent le frisson. Certaines cinématiques sont très travaillées et procurent même un sentiment de malaise, notamment lorsqu’elles mettent en scène un personnage qu’on vous laisse également découvrir. Côté durée de vie, nous avons mis 6h pour en voir le bout, et on notera que le jeu est en anglais sous-titré en français.


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On veut l’aimer ce Broken Porcelain, vraiment… Mais les trop nombreux défauts de conception et les bugs de finition plombent l’expérience. Nous ne demandons qu’à être indulgents, en gardant en tête qu’une petite équipe est derrière le projet, mais tout de même… Malgré une chouette ambiance, une bande son excellente et quelques moments de frissons, le gameplay lourdingue et les soucis de mise en scène et de narration gâchent la progression. Le jeu n’est clairement pas terminé (mis à part son scénario) et on se bat le plus souvent contre les soucis techniques et de prise en main que contre les salopards qui veulent nous faire la peau. On pensait que cette suite allait corriger les défauts du premier jeu mais c’est raté, et elle en ajoute encore d’autres. 


Les +

  • ambiance excellente, rappelant la grande époque des survival-horror
  • la bande son, aussi belle qu’angoissante
  • des personnages globalement réussis
  • quelques moments de stress vraiment intenses
  • les voix anglaises de qualité
  • quelques rebondissements sympathiques
  • le début du jeu

Les –

  • les zones deviennent vite cloisonnées
  • l’IA ennemie qui fait parfois n’importe quoi
  • très nombreux bugs techniques
  • mise en scène amputée de nombreuses séquences de transition
  • gameplay lourd et imprécis
  • manque d’indication concernant les objectifs
  • scénario trop complexe

Lageekroom

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