Avis BD Glénat : Edmund Kemper, l’Ogre de Santa Cruz

Depuis toujours, les tueurs en série fascinent. Ouvrages, films, séries télé ou encore documentaires : tous les médias y passent, et c’est aujourd’hui une bande-dessinée qui sera à l’honneur sur le blog. La collection « Serial Killers » de chez Glénat s’est enrichie en début d’année d’un nouvel ouvrage consacré à « L’Ogre de Santa Cruz« , alias Edmund Kemper. Nous avons eu la chance de le recevoir, et il est temps de vous en parler.


Avis BD Glénat : Edmund Kemper, l'Ogre de Santa CruzSynopsis : Récemment mis en lumière par la série Mindhunter, Ed Kemper est un serial killer qui a fait trembler l’Amérique. Enfermé à perpétuité, cet individu diagnostiqué comme un dangereux psychopathe est l’auteur de multiples meurtres tous plus sordides les uns que les autres. Dans les années 1970, ce tueur en série a perpétré pas moins de 10 meurtres, dont celui de sa mère et de ses grands-parents. Né le 18 décembre 1948, Edmund Kemper a dès sa venue au monde impressionné par son gabarit démesuré. Pesant plus de 6 kg à la naissance, celui-ci mesurera à l’âge adulte 2,06 m pour 160 kg. Une envergure spectaculaire qui lui vaudra au moment de ses crimes le surnom d' »Ogre de Santa Cruz ». Diagnostiqué à l’âge de 15 ans comme schizophrène paranoïde, Ed Kemper, qui « s’amusait » depuis l’enfance à mutiler les poupées de sa sœur ou à maltraiter des animaux, commence son entreprise sanglante dès 1964 en tirant avec un fusil sur sa grand-mère. L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


Avis BD Glénat : Edmund Kemper, l'Ogre de Santa Cruz


La collection « Serial Killers » de l’éditeur Glénat a connu des moments difficiles. L’ouvrage sur Michel Fourniret a du être retiré de la vente, et le scandale lié à Stéphane Bourgoin, un spécialiste des tueurs en série connu pour ses interviews et ses ouvrages, a forcément marqué un coup d’arrêt à cette collection qui devait comporter une vingtaine de tomes. Pour résumer les faits concernant Stéphane Bourgoin, ce dernier est accusé d’avoir menti sur son travail durant de longues années. Il est en effet loin d’avoir rencontré autant de tueurs en série qu’il ne le dit, n’a pas côtoyé le FBI durant leurs enquêtes, et sa femme n’a pas été assassinée, contrairement à ses déclarations, par un tueur. Beaucoup de mensonges donc pour une personnalité pourtant appréciée, et nous possédons nous-même plusieurs de ses ouvrages. Cela n’impacte en rien la qualité de notre ouvrage du jour, les nombreuses informations qu’il contient étant tout à fait factuelles et bien entendues vérifiées. La bande-dessinée nous présente donc Edmund Kemper, tueur en série imposant dont la jeunesse avec sa mère n’a pas été facile, et qui s’en est pris à des jeunes femmes en commettant des actes clairement abjectes.

L’ouvrage met en scène Étienne Jallieu (le pseudo de Stéphane Bourgoin lorsqu’il écrit des romans), qui se rend en prison pour interviewer Kemper. Ce dernier revient donc sur son enfance, sa relation avec sa mère, ses premières pulsions meurtrières et bien entendu ses passages à l’acte. Lui qui prenait des centaines de jeunes femmes en stop aurait pu commettre encore plus de crimes, et beaucoup ont frôlé de peu la mort. Mais Kemper nous parle dans un premier temps de son enfance difficile. Maltraité et insulté par sa mère et ses sœurs, il était contraint de dormir à la cave, lieu dans lequel il a commencé à ruminer sa vengeance. Sa mère, alcoolique, l’impressionne, lui fait peur même, et passe son temps à le dénigrer et à insulter son père. Difficile pour un jeune homme de se construire dans de telles conditions, et ce sont ses grands-parents qui en feront les frais dans un premier temps. Malgré ce double homicide, Kemper sera libéré (jugé guéri) et recommencera à tuer, mais pas que, pratiquant également la nécrophilie, le cannibalisme et autres décapitations. C’est avec une certaine froideur que le tueur nous raconte tout ça, allant jusqu’à détailler ses pulsions dans les moindres détails. Kemper impressionne, par sa carrure mais également son calme et son intelligence (il a 145 de QI, 5 points de plus que Ted Bundy), n’hésitant pas à enregistrer des livres audio pour les aveugles de sa prison. L’homme est un véritable paradoxe, à la fois fragile et puissant, fou et intelligent, lui qui fréquente régulièrement un bar rempli de policiers avec lesquels il taille souvent une bavette. Ses actes sont atroces, condamnables, mais Kemper le dit lui-même à la fin de l’ouvrage : « Je ne suis qu’un humain, après tout« . Il ne faut toutefois pas oublier ce que ce schizophrène paranoïde a fait subir à ses victimes, mais l’ouvrage parvient à présenter les choses de manière vraiment intéressante.

La bande-dessinée explore donc la psychologie de Kemper, en revenant sur son parcours et ses actes odieux et souvent difficiles à découvrir, l’ensemble n’étant pas à mettre entre toutes les mains. Le coup de crayon parfois minimaliste de l’ensemble pourra surprendre, mais cette froideur est voulue et on s’y fait vite, et le choix des couleurs est intéressant et pas anodin (l’omniprésence de fonds jaunes). L’immersion reste totale, et on découvre les faits avec effroi mais également cette curiosité qui fait que les tueurs en série captivent autant. On se demande toujours ce qui peut bien se passer dans leur tête et s’ils sont réellement humains… L’ouvrage reste quoi qu’il en soit très qualitatif, et on découvre dans les dernières pages de nombreuses photos de l’époque ainsi que les faits davantage détaillés par Stéphane Bourgoin. C’est assez passionnant, et on se rend une nouvelle fois compte que les tueurs en série peuvent être très éloignés de l’image que l’on peut en avoir…


A lire également : 


« Edmund Kemper – L’ogre de Santa Cruz » est un ouvrage aussi hypnotique que terrifiant, revenant sur l’enfance du tueur en série et sur ses actes. Le ton est glacial, aussi bien visuellement que dans les dialogues entre le bourreau et le journaliste venu l’interroger, et on découvre un homme bourré de paradoxe qui en a bavé mais surtout fait baver à ses victimes. La bande-dessinée reste destinée à un public averti, mais si vous êtes intéressés par les tueurs en série, il serait dommage de passer à côté. C’est disponible depuis janvier dernier aux éditions Glénat, et il nous tarde de découvrir les autres volumes de cette collection, ceux toujours disponibles à la vente en tout cas…


Lageekroom

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.