L’intégrale Manga : critique de Doppelgänger (éditions Kazé, 4 tomes)

Le manga « Doppelgänger » des éditions Kazé est la toute première série à bénéficier de son « intégrale » sur le blog. Concrètement, nous allons réunir dans cet article nos critiques de tous les tomes de la série de la mangaka Tamaki Vanessa Chihiro. Débuté le 15 janvier 2020, « Doppelgänger » nous parle d’une enquête très particulière, qui mélange meurtres en série et voyage dans le temps… C’est parti !


L'intégrale Manga : critique de Doppelgänger (éditions Kazé, 4 tomes)


Avis Manga Kazé : Doppelgänger - Tome 1 blog manga lageekroomAvis sur le tome 1 : Tout d’abord, penchons-nous sur la définition du terme Doppelgänger : « figurant dans de nombreux folklores et croyances, notamment dans la mythologie germanique et la mythologie nordique, le doppelgänger se présente toujours comme une copie, un double d’un individu ou bien sa version alternative souvent maléfique. Par ailleurs, le concept d’alter ego est très commun dans de nombreuses autres cultures et croyances. Selon les légendes, l’apparition d’un doppelgänger est un mauvais présage, annonçant des malheurs ou la mort de l’individu croisant son double. » Dans notre histoire, Makoto Kenzaki remonte le temps après avoir été exécuté pour des meurtres qu’il n’a pas commis. Qui de mieux que son double du passé pour l’aider à enquêter et résoudre cette affaire sordide ? Néanmoins, les 2 hommes vont devoir « cohabiter », et l’un aura pour objectif de tuer le coupable de ces meurtres tandis que l’autre souhaitera plutôt les empêcher. Passée la phase de « découverte », dans laquelle notre condamné à tort du futur devra prouver à son alter ego du passé qu’ils sont bien la même personne, l’enquête va pouvoir commencer. Avec les informations dont il dispose, Makoto Kenzaki va tenter de prendre les devants pour piéger le vrai coupable, jusqu’à aller rencontrer ses victimes. Il connait d’ailleurs très bien ces dernières, les ayant côtoyé durant ses études aux beaux-arts. Mais un événement dramatique les avait séparé, laissant quelques rancœurs qui pourraient bien être à l’origine de tous ces événements.

Onze années séparent les 2 « versions » de notre héros, et le condamné à mort n’a plus le même look. Amaigri et affaibli, il en a bavé durant sa détention et fait preuve d’une forte détermination pour empêcher les meurtres. Son double du passé et quant à lui plus naïf et moins impliqué, mais les événements vont rapidement le rattraper. Cette dualité est bien mise en scène et bien écrite par Tamaki Vanessa Chihiro, la mangaka. Nous avons beau avoir affaire à la même personne en 2 exemplaires, les caractères divergent et les méthodes également. Les onze années à attendre dans le couloir de la mort ont forcément laissé des séquelles, et le regard du Makoto du futur est noir et sombre. Cette dualité ressort également à travers des dessins de toute beauté. Le coup de crayon est remarquable, et les visages sont très détaillés et parfois flippants. La peur, l’interrogation, la haine, la désorientation : tous ces sentiments sont parfaitement retranscrits et immergent totalement le lecteur ! Du côté de l’intrigue, celle-ci se met doucement en place mais commence à réserver quelques surprises. Il est certain que le tome 2 va monter en puissance, celui-ci ayant principalement servi à poser les bases. Ce premier tome de Doppelgänger est très intéressant et promet une intrigue de qualité. Sachant que la série ne comportera que 4 tomes, il est clair que la mangaka ne fera pas traîner les choses, et le rythme risque d’être soutenu. Le voyage dans le temps est bien géré, les relations entre les personnages commencent à se mettre en place, et le tout est vraiment accrocheur, s’inspirant de films tels que Seven ou encore Le Silence des Agneaux. Avec son intrigue qui se met en place et ses superbes dessins (mention spéciale une nouvelle fois concernant les visages des protagonistes), Doppelgänger – Tome 1 nous donne clairement envie de lire la suite.


L'intégrale Manga : critique de Doppelgänger (éditions Kazé, 4 tomes)Avis sur le tome 2 : Le synopsis de Doppelgänger est vraiment intriguant. Notre héros, exécuté pour des meurtres qu’il na pas commis, remonte le temps et va saisir cette chance pour enquêter et découvrir qui est le vrai coupable. Son allié dans le passé sera lui-même, plus jeune mais surtout plus naïf et moins endurci, n’ayant pas passé les onze dernières années dans le couloir de la mort. Ils ont beau être la même personne, leurs caractères et leurs façons de penser sont bien différentes ! Le Makoto Kenzaki du futur va tenter de prendre les devants en rencontrant les victimes du tueur. Il connait d’ailleurs très bien ces dernières, les ayant côtoyé durant ses études aux beaux-arts. Mais un événement dramatique les avait séparé, laissant quelques rancœurs qui pourraient bien être à l’origine de tout. On en apprend d’ailleurs davantage sur cet événement, sur le professeur décédé dans l’incendie mais également sur Saginuma, qui a survécu à l’incendie et qui semble être le coupable idéal… Ou pas ? Nos 2 héros vont donc poursuivre leur enquête, qui va leur réserver quelques surprises. Nous préférons rester quelque peu évasifs sur les révélations, celles-ci intervenant dès les premières pages. Pour coincer le tueur, Makoto va organiser chez lui une réunion de ses anciens camarades, histoire de crever l’abcès sur les événements passés. Bien que le plan semble bien huilé, l’avenir réserve une nouvelle fois quelques surprises, et le destin est loin d’être écrit. Une des victimes, censée ne mourir que le mois suivant, ne donne déjà plus aucun signe de vie… Le cours des choses semble complètement bouleversé… Il semblerait même que le tueur ait systématiquement un coup d’avance. Mais comment ?

On retrouve cette dualité réussie entre le Makoto du passé et son double du futur, mais les 2 personnages se rapprochent davantage dans ce tome et leurs idées commencent à se rejoindre. Ils se serrent les coudes et ont bien conscience que toutes ces histoires de temporalité sont extrêmement fragiles. Le travail sur les personnages est une nouvelle fois très réussi, et certains de leurs anciens camarades ont bien changé. On sent que la mangaka Tamaki Vanessa Chihiro aime ses personnages et veut leur faire gagner en épaisseur, son coup de crayon en étant le parfait témoignage. Le soin réalisé sur les visages est à souligner, et les expressions parviennent une nouvelle fois à transpercer les pages. La tension est d’ailleurs à son comble lorsque que le Makoto du futur course le tueur en lui hurlant après pour découvrir son identité. Un tueur qui lâchera d’ailleurs une phrase importante mais néanmoins énigmatique à Makoto, en lui disant : « toi et moi, on est pareils ». La noirceur de certains regards en disent long, et l’ambiance est au rendez-vous. Ce tome 2 de Doppelgänger est toujours aussi prenant, et il nous tarde de découvrir la suite. Les personnages sont toujours aussi travaillés et de nombreux mystères planent sur cette enquête. Dès lors que l’on pense découvrir un indice important, la mangaka parvient à retourner la situation. Le suspense est donc au rendez-vous, et le tome 3 promet de chouettes rebondissements.


L'intégrale Manga : critique de Doppelgänger (éditions Kazé, 4 tomes)Avis sur les tomes 3 et 4 : Kenzaki semble être dans une spirale infernale, et ses 11 années de détention ont forcément laissé des séquelles. Mais notre voyageur du futur va devoir garder la tête froide car les événements vont s’accélérer brusquement, et ce dès le début de ce tome 3. Saginuma, normalement mort et enterré, a t’il effectué lui aussi un voyage temporel pour se venger ? Maintenant que le futur semble avoir été modifié, comment retrouver la piste du tueur et anticiper ses mouvements ? Mais Makoto n’aura pas à attendre bien longtemps, car lui et Hiyo vont se faire enlever… Il est très difficile de vous parler de ces 2 derniers tomes sans spoiler, c’est pourquoi nous n’allons pas vous en dire plus sur le déroulement du scénario. Sachez en tout cas que l’écriture de cette deuxième partie de l’intrigue est excellente, et que tout est fait pour accrocher le lecteur sans artifice. Les rebondissement sont nombreux et toujours justifiés, et chaque personnage trouve sa place dans le récit, que l’on parle de nos 2 héros, de l’inspecteur Danki, des anciens camarades de Makoto ou encore de Saginuma. Mais lorsque la mangaka répond à une question, elle en pose une autre et parvient à maintenir l’intérêt tout au long de la lecture. Kenzaki est souvent en plein doute, et il se met sans cesse la pression pour réussir sa mission et arrêter le coupable de tous ces meurtres, quitte à y laisser sa vie pour sauver celle de son double du passé. Lorsqu’une révélation pointe le bout de son nez, l’autrice n’hésite pas à nous proposer un flashback explicatif afin que tout soit bien clair pour le lecteur. Sachez que chaque question trouve sa réponse, et que vous ne resterez pas sur votre faim de ce côté là si vous préférez les intrigues qui se concluent de manière concrète. On pourra simplement reprocher le fait qu’il soit impossible de deviner soi-même le fin mot de l’histoire. Cela aurait pu être amusant de distiller quelques indices tout au long du manga pour permettre au lecteur d’enquêter lui aussi.

L’ambiance souvent sombre des 2 premiers tomes se bonifie avec ces tomes 3 et 4, et la tension est à son comble. Comme nous l’avions déjà dit dans notre article précédent, Tamaki Vanessa Chihiro aime ses personnages et cela se sent. Le travail sur les expressions et les regards est à souligner, et chaque protagoniste de l’intrigue a ses moments forts et son importance, avec même quelques surprises dont une particulièrement marquante à la toute fin. On a peur pour nos personnages, et le côté parfois glauque de certaines séquences prend aux trippes. On retrouve quelques inspirations tirées du cinéma et de films cultes comme Seven ou encore Copycat, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Certains thèmes forts sont abordés, comme le sens du sacrifice, l’amitié, la jalousie ou encore une certaine forme d’admiration qui peut tourner à l’obsession. Doppelgänger est un thriller mature, aussi bien visuellement qu’en terme d’écriture. Seul le visage de Kenzaki, qui fait davantage efféminé dans ces derniers tomes, bénéficie parfois de moins de travail.


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Après un premier tome prometteur, Doppelgänger était parvenu à monter en puissance avec sa suite, et s’avère encore plus accrocheur sur la fin ! L’histoire se dévoile de page en page et le tout est vraiment bien écrit, avec des rebondissements et un suspense digne du cinéma. Visuellement percutante, la série met en avant des personnages face à leurs doutes, et chacune de vos questions trouvera une réponse. Doppelgänger est à nos yeux une chouette expérience en 4 tomes, une durée idéale pour bien apprécier l’histoire et le coup de crayon de Tamaki Vanessa Chihiro.


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