Avis Urban Comics : Batman Arkham : Le Pingouin

Après Double-Face et Poison-Ivy, c’est un autre méchant emblématique qui débarque dans la série « Arkham » de l’éditeur Urban Comics. Oswald Chesterfield Cobblepot, alias Le Pingouin, se dévoile donc à nous dans un ouvrage disponible depuis le 11 juin dernier, et sur lequel nous allons revenir aujourd’hui. Que nous réservent les 352 pages de cette nouvelle anthologie ? C’est ce que nous allons voir.


Avis Urban Comics : Batman Arkham : Le Pingouin lageekroom critiqueDescriptif de l’éditeur : Oswald Chesterfield Cobblepot est l’un des héritiers d’une des familles fondatrices de Gotham, mais c’est aussi le criminel connu sous le nom de Pingouin. Sous son apparence grotesque et difforme, il cache un esprit machiavélique et retors qui n’a de cesse de planifier la mort de son pire ennemi, le Chevalier Noir. Mais il est également un notable aux rêves de grandeur en quête à jamais de respectabilité. L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


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Nous avons découvert le personnage du Pingouin dans notre jeunesse dans Batman : Le Défi. Oui, c’est via le film de Tim Burton, sorti en 1992, que ce méchant atypique s’est dévoilé à nous ! Et pourtant, le Pingouin est apparu il y a bien longtemps, en 1941 très exactement dans « Les débuts du Pingouin » de Bill Finger et Bob Kane. Si ce grand méchant est aujourd’hui considéré comme un des plus importants dans l’univers du Chevalier Noir, ses débuts ont été timides et Cobblepot a même connu un passage à vide de plusieurs années. Découvrir les origines du criminel reste intéressant, et certaines de ses répliques faisaient déjà mouche. Forcément l’ensemble a vieilli et les dialogues à l’ancienne feront sourire, mais il se dégage un certain charme de ces débuts. Après « L’aigle du crime » paru en 1942, notre ouvrage fait un bon en avant de 23 ans, direction l’année 1965 et le récit « Complice de vol ». Là, le Pingouin voit son visuel affiné, dans un style proche de celui qu’on lui connait aujourd’hui. Une nouvelle fois, le récit ne vole pas forcément très haut et le méchant manque de développement. On retrouve malgré tout quelques punchlines sympathiques, les parapluies du Pingouin, et ce côté caricatural qui fonctionne finalement plutôt bien. C’est ensuite dans les années 80 que nous allons retrouver notre grand méchant du jour, avec 2 récits datant de 1987 et 1989, avant de foncer vers les années 90 et le début des années 2000 pour conclure cette anthologie.

Nous citions précédemment Batman : La Défi, et il est important de préciser que les films de Tim Burton ont eu un impact important sur le personnage du Pingouin. Davantage sombre et sinistre, le Pingouin voit désormais les traumatismes liés à son enfance et son passé en général davantage développés. Le personnage gagne donc en consistance et en intérêt, et n’est plus qu’un « simple » criminel. Manipulateur et enfin dangereux, le Pingouin est désormais capable de réellement donner du fil à retordre à Batman et de ne plus se faire arrêter en un petit coup de poing au visage. Son côté sombre et malin le fait donc monter en puissance, ce qui se ressent dans les récits des années 90. « Le retour du Pingouin » de 1997 en est la preuve, et revient notamment sur le passé du criminel avant de mettre en avant son aspect impitoyable (notamment avec ses hommes de main). Un « style » qui lui sied bien, et cet aspect vicieux sera également bien traité dans « Brutes » de Frank Tieri et Christian Duce, sorti en 2013, un récit qui conclut de belle manière cette anthologie somme toute inégale. Il faut avouer que si l’évolution du Pingouin est intéressante, certaines récits sont assez anecdotiques et n’apportent pas grand chose au personnage. Scénario basique, répliques pas toujours inspirées, personnage du Pingouin finalement peu menaçant : tout n’est pas parfait, loin de là, et on vous pardonnera si vous zappez quelques passages. C’est quand même dommage, le principe d’une anthologie étant de nous immerger totalement. Peut-être que le choix des récits manque de cohérence…

Le personnage du Pingouin reste intéressant, surtout lorsque l’on découvre son enfance, le harcèlement qu’il a subi, la relation avec sa mère (et le lien qu’il a avec certains objets ou encore les oiseaux en général) ou encore l’absence de son père. Il a reçu autant de coups de parapluie qu’il a pu en donner, mais il faut avouer que la vie n’a pas été tendre avec lui, que l’on parle de son physique, disons atypique, ou de sa relation avec les femmes. Il est d’autant plus dommage de constater que l’anthologie qui lui est consacrée survole parfois ces thèmes importants sans parvenir à les mettre en valeur. L’ouvrage reste accrocheur, qualitatif (avec sa superbe couverture), mais il manque quelques récits plus profonds permettant de mieux développer le personnage.


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Nous aimons beaucoup le personnage du Pingouin, mais il faut avouer que cette anthologie est un cran en dessous de celle de Poison-Ivy. On ressent l’évolution du personnage à travers les décennies, mais certains récits sont anecdotiques et effleurent trop peu la psychologie du Pingouin. C’est dommage, car malgré des débuts timides, le Pingouin jouit d’un sacré potentiel, le plaçant sur le podium des méchants les plus appréciés dans l’univers du Chevalier Noir. « Batman Arkham : Le Pingouin » est un ouvrage intéressant, mais il lui manque quelque chose pour passer un cap et rendre vraiment honneur au méchant emblématique qu’il met en avant. 


Lageekroom

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