eFootball 2022, le début de la fin pour Konami ?

Le calice jusqu’à la lie. Les inconditionnels de PES, ceux qui ne juraient que par la simulation de Konami quand celle-ci battait à plate couture celle d’EA Sports dans à peu près tous les domaines, ont bien du mal à réaliser ce qui vient de se produire, mais PES, c’est bel et bien fini, du moins sous cette appellation. En effet, la firme japonaise a décidé de tout changer ou presque dans son jeu de foot, seul concurrent encore vivant des jeux FIFA devenus omnipotents (bien qu’un nouvel arrivant approche…). Alors que PES était devenu eFootball PES en 2019, le voilà désormais qui ne s’intitule plus qu’eFootball en 2021. L’adieu à Pro Evolution Soccer semble définitif.


eFootball 2022, le début de la fin pour Konami ?


Le déclin pour la série des PES a commencé en 2007, quand pour la première fois les jeux de la licence FIFA furent mieux notés que ceux de la licence PES. Auparavant, PES avait plusieurs coups d’avance mais le passage de PES 6 à PES 2008 fut mal géré par Konami alors que le virage, et notamment le passage sur les nouvelles consoles qu’étaient à l’époque la PS3 et la Xbox 360, fut bien mieux géré par Electronics Arts. Et de là le début d’une lente descente aux enfers pour PES, qui a culminé en 2013 avec pour la première fois une simulation de Konami recevant une note globale en dessous de 5. Le jeu avait un peu remonté la pente depuis et eFootball PES 2021 avait même reçu la note très flatteuse de 7,3 quand FIFA 20, qui n’apportait aucune nouveauté majeure, ne recevait qu’une moyenne de 5,5.

Si le succès critique commençait donc à revenir en faveur de PES, le succès public restait quant à lui clairement en faveur de FIFA dont les ventes étaient largement supérieures à celles de PES. Pour tenter de contrer cela, Konami a donc décidé de totalement changer le mode de fonctionnement de sa simulation de foot en proposant eFootball 2022 de manière complètement gratuite (après une pause d’un an pour peaufiner son futur bébé). Le but était de proposer une nouvelle manière de jouer et de toucher un nouveau public, plus jeune, le jeu étant également disponible sur smartphone.

Mais la sortie du jeu fut certainement un peu précipitée (et c’est peu de le dire) et a déclenché un flot de critiques négatives. Ainsi, avec seulement 11% de critiques positives sur Steam sur plus de 20 000 commentaires, le jeu est un véritable échec. Les principaux points faibles dénoncés sont des graphismes indignes des consoles de nouvelle génération et un gameplay au rabais, comme si le jeu était retourné 15 ans en arrière. C’est bien simple, nous avons téléchargé le jeu, terminé quelques matchs, avant de tout désinstaller après avoir constaté les dégâts. En bref, les joueurs ont critiqué Konami pour avoir voulu à tout prix sortir un jeu cette année, comme si l’aspect commercial avait pris l’ascendant sur l’aspect technique, alors qu’une année supplémentaire de développement était assurément nécessaire pour sortir une simulation correcte.

Ce nouvel opus n’est en effet qu’un ersatz de jeu, qui s’apparente plus à une version bêta qu’à un titre véritable (et ne venez pas nous dire que le fait qu’il soit gratuit excuse tout). Ainsi, avec seulement 9 clubs disponibles pour le moment, il est impossible de jouer la moindre compétition officielle, même si certains favoris de la Ligue des Champions sont présents comme le FC Barcelone, le Bayern Munich, la Juventus ou Manchester United. Les autres clubs sont Arsenal, toujours dans les coups foireux, comme le fiasco de la SuperLigue, sans que l’on sache pourquoi, ainsi que les Sud-Américains Corinthians, Flamengo, Sao Paulo FC et River Plate.

Neuf clubs quand FIFA en compte des centaines, aucun mode de jeu quand FIFA en propose un bon paquet, et une communauté anéantie quand FIFA ne cesse de gagner en aficionados grâce à son mode En Ligne, est-ce la fin du jeu de Konami ? Si la réponse positive à cette question paraît de prime abord inévitable, il existe toutefois certains motifs d’espoir. D’abord, les excuses de Konami le 1er octobre, qui a admis avoir encore beaucoup de travail et, face aux critiques acerbes et aux moqueries encore plus douloureuses, la firme japonaise a promis des mises à jour très rapides pour au moins rendre le jeu plus jouable. Au vu des progrès effectués auparavant dans eFootball PES 2021, il n’y a pas de raison de ne pas l’en croire capable.

Ensuite, le fait de proposer le jeu gratuitement et sur smartphone devrait lui permettre d’attirer de tout nouveaux joueurs quand le jeu sera un peu mieux finalisé et avec plus de licences à sa disposition. S’il aura bien du mal à concurrencer FIFA sur son propre terrain, eFootball pourrait créer une brèche là où FIFA n’existe pas encore et retrouver son lustre d’antan grâce à cela. Car si Electronic Arts continue à trop se reposer sur ses lauriers (et on a vu ces derniers jours que la FIFA comptait chamboulait ce que l’on pensait acquis), comme il le fait depuis plusieurs années désormais, Konami ne cesse d’essayer d’innover et a vu qu’un marché potentiel existait auprès des plus jeunes générations, habituées désormais au modèle gratuit et sur mobile. 


eFootball 2022, le début de la fin pour Konami ?


Ainsi, s’il faudra au moins attendre l’eFootball 2023 pour savoir si celui-ci a réellement un potentiel, il reste encore des perspectives d’avenir pour Konami, même si PES en tant que tel est définitivement enterré. Les développeurs japonais devront toutefois travailler d’arrache-pied et de manière sérieuse pour tenter de faire oublier leur énorme couac de 2021, sous peine de disparaître définitivement.


Lageekroom

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