The Rain sur Netflix, notre avis sur la série post-apo danoise (avec et sans spoilers)

Après les espagnols et les allemands, ce sont nos amis danois qui se lancent dans l’aventure Netflix, avec The Rain (sortie le 4 mai), une série post-apo en huit épisodes nous racontant l’histoire de Simone et Rasmus, laissés en plan par leur père dans un bunker, suite à l’apparition d’un virus mortel qui se propage dans les gouttes de pluie. Après 6 années passées à attendre et à survivre, nos 2 héros sont forcés à sortir de leur planque et à affronter un monde qui n’a plus rien à voir avec celui qu’ils ont connu. C’est le point de départ de leur aventure durant laquelle ils croiseront d’autres personnages et de nombreux dangers, à commencer par la pluie elle-même.



PARTIE 1 : CRITIQUE SANS SPOILERS


Notre ressenti sur la série est assez paradoxal. Globalement, nous avons suivi ces 8 épisodes avec attention et intérêt, l’ambiance étant plutôt bonne et les événements débutants rapidement et de manière concrète. On ne tourne pas autour du pot, ce qui est plutôt appréciable. A l’image de Dark (série allemande dont nous avons parlé ici), il faudra s’habituer aux noms des personnages et à leur physique, qui tranchent avec les séries formatées habituelles. Certains sont attachants, d’autres détestables, et certains que l’on veut nous faire aimer sont quand même antipathiques : tout n’est pas réussi de ce côté là. On retrouve dans The Rain le schéma habituel des séries du genre, avec pas mal d’idées prises ça et là. Les événements se succèdent, les rencontres aussi, et la série monte en intensité au fur et à mesure des épisodes. Faut-il s’attendre à des révélations ? Pas vraiment, la plupart des moments clés se devinant bien à l’avance. Difficile d’être surpris dans cette mécanique top souvent utilisée. Simone, Rasmus et leurs nouveaux amis (et ennemis) devront néanmoins passer par des moments difficiles et parfois prenants, notamment lorsqu’ils seront traqués par une milice qui a tendance à faire le ménage là ou elle passe. On trouve également une petite touche de Lost, avec des flashback sur certains de nos personnages. D’autres, par contre, ne seront quasi pas développés : 8 épisodes de 40 minutes en moyenne, c’est un peu juste pour approfondir les personnages. Cela a du coup moins d’impact émotionnel pour le spectateur.


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Malgré une chouette ambiance (le travail sur les éclairages est très réussi) et quelques passages vraiment intéressants, The Rain souffre d’un gros défaut : ses incohérences énormes et trop nombreuses. Nos personnages passent d’un bunker à un autre sans trop que l’on sache comment et sans trop de difficultés. Géographiquement, il est très difficile de se repérer, et il semble peu probable que Simone ait retenu autant d’informations pour guider ses troupes. On passe donc d’un endroit à un autre sans trop de logique. Pire, les décisions des personnages sont vraiment débiles. Il se jettent souvent dans la gueule du loup et réfléchissent bien trop peu (nous y reviendrons dans la partie spoilers). Du coup, niveau immersion, le délire part en miette, car on ne se retrouve pas du tout dans leurs choix. Ce qui est dommage également, c’est que la série récupère des idées un peu partout, que ce soit dans au cinéma ou dans les jeux vidéo, mais sans y apporter de plus-value. En résultent des scènes que l’on a déjà vues de nombreuses fois. Niveau suspense, c’est raté. Pour finir avec cette partie sans spoilers, on notera un autre bémol sur le rythme en fin de saison : les choses s’accélèrent trop vite et les derniers épisodes sont un peu rushés.

C’est donc avec un avis mitigé que nous concluons cette première partie : la série se suit sans déplaisir, propose une chouette ambiance et quelques moments de tension, mais se trimbale trop de clichés et de scènes déjà vues pour convaincre. L’idée d’une « pluie mortelle » est originale mais mal exploitée et provoque trop d’incohérences : pourquoi un personnage risque la mort en mettant le pied dans une flaque d’eau alors que d’autres ne craignent rien en touchant un sol humide ou mouillé. La gestion du danger de l’eau est assez aléatoire. Le paris était risqué et reste à moitié tenu. Un constat en demi teinte donc, mais nous suivrons avec attention une éventuelle deuxième saison.


PARTIE 2 : CRITIQUE AVEC SPOILERS



Nous n’allons pas lister toutes les incohérences dans cette partie spoilers, cela prendrait trop de temps. Concrètement, The Rain manque d’explications. La série veut faire genre « il faut garder le mystère », mais cela ne fonctionne pas trop. On nous dit dès les premières minutes que Rasmus (le fils du scientifique resté 6 ans dans le bunker avec sa soeur) doit être protégé car il est spécial : on le comprend donc immédiatement, Rasmus possède le virus en lui. Le père, lui, est parti de son côté mener des expériences pour trouver un vaccin. Alors pourquoi avoir balancé le virus (on apprend également assez vite que les scientifiques sont responsables de cette « fin du monde ») ? A croire qu’ils ont pompé l’idée de Thanos qui souhaite réguler l’univers.

Du côté des survivants, certaines décisions sont quand même bien débiles. Leur quête principale reste la recherche de bouffe. Ils galèrent sur des kilomètres à trouver un bunker, mais décident de le quitter après avoir mangé seulement 2 barres de céréales… Pourquoi ne pas y rester un peu pour reprendre des forces, ou emmener un maximum de vivres ? On leur dit qu’ils doivent rejoindre le père de Simone pour trouver un vaccin, et ils suivent comme des moutons… Bizarre. Lorsqu’un des personnages se rebelle, sa décision est de pousser Simone sous la flotte : pourquoi ? Une décision débile, justifiée par le fait que le lascar vient de se taper une bouteille d’alcool. Des événements étranges qui cassent vraiment le délire, et qui nous ont souvent fait dire : « mais pourquoi il fait ça ce con » ? Et pour revenir une dernière fois sur la menace de la pluie, il faut dire que l’on devine assez rapidement que celle-ci n’est plus mortelle. C’est sympa, dans le sens ou certains personnages ont été tués « par précaution » alors qu’ils n’allaient même pas être infectés, mais cela réduit à néant un des gros points fort de la série.

Les derniers épisodes sont le reflet de ces incohérences. La milice regroupe des soldats à moitié psychopathe qui tirent sur tout ce qui bouge mais deviennent soudainement très humains après avoir mis la main sur Rasmus, l’objet de leur recherche. Pourquoi dégommer à vue tous les autres dans les épisodes précédents sans savoir qui ils étaient. Et ces mecs affamés qui attaquent les gens dans les villes tels des zombies, qui sont-ils ? A quoi servent-ils ? On dirait que les créateurs ont voulu apporter ce côté « zombiesque » déjà vu des centaines de fois, en remplacer les morts-vivants par des humains affamés. Et que dire des décisions du père à la fin de la saison :

  • « il faut faire venir mon fils pour des expériences »
  • « non, je ne peux pas faire ça, il faut qu’il se sauve »
  • au moment de sa fuite, il le braque avec un flingue : « je ne peux pas te laisser partir »

Il va falloir prendre une décision ! Bref, beaucoup d’événements bizarres, stupides, qui gâchent le tout. Encore une fois, c’est dommage, car la série possède de bonnes idées, du potentiel, des acteurs convaincants, et de chouettes moments. Espérons que la saison 2 monte d’un cran !



Lageekroom

3 pensées sur “The Rain sur Netflix, notre avis sur la série post-apo danoise (avec et sans spoilers)

  • 14 mai 2018 à 17 h 04 min
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    Non non et non. Les 20 premières minutes de cette série accumulent tellement de débilité profonde de la part des enfants et ados (« mets ta ceinture ! » « ne sortez pas ! ») … que j’ai abandonné tout espoir sur cette série. que je félicite le courage d’avoir vu le reste pour la review. Dans les critique avec spoilers il faudrait parler de ces fameuses premières minutes. Cela relevait du comique.

    Cette série a eu le défaut de me faire penser que les enfants de ce pays sont débiles et mal élevés, alors que je me doute bien que c’est faux, et qu’il s’agit du script.

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    • 14 mai 2018 à 19 h 45 min
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      C’est le problème de la série, les décisions débiles des personnages. Dès le départ, on s’est demandé pourquoi le père réagissait comme il le faisait… on s’est regardé à plusieurs reprises, interloqués ^^
      Finalement, on s’est accroché et The Rain propose des choses sympas… mais trop de défauts au final.

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  • 18 mai 2018 à 13 h 25 min
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    J’aime beaucoup ta critique avec et sans spoiler. Par contre y’a un truc que je comprends pas les 2 gamins sont enfermés pendant 6 ans et ils ont l’air à peu près normal, en fait tu deviendrais chtarbé après 6 ans d’enfermement sans voir la lumière ni un autre être humain que ton frère. Bon Simone parle bien à la combinaison comme si c’était son père mais elle le fait dès le début et pas après plusieurs années donc elle avait déjà un pète au casque? On voit qu’elle est traumatisée par la mort de sa mère, dont elle se sent coupable, mais rien de plus… Les personnages manquent de relief mais comme tu le dis, la saison 1 est trop courte pour leur donner de la profondeur. Comme je te disais à la fin du dernier épisode, j’étais sur ma faim. Je me suis dit vraiment c’est fini et ça finit comme ça. Y’a un autre truc que je comprends pas c’est leur réaction face aux douches, ok ils en prennent pas mais ils ont bien du boire de l’eau pour survivre ? So Wtf !!!
    Comme toi je regarderais la saison 2 en espérant que ça s’améliore.

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