Avis BD Drakoo : La Cité du bonheur (récit complet)

Adapter un jeu de rôle en bande-dessinée : telle est la mission d’Igor Polouchine et Rodolphe Gilbart, tous deux coscénaristes de notre ouvrage du jour. « La cité du bonheur » est disponible depuis fin juin aux éditions Drakoo, et s’intègre à l’univers de Shaan, jeu de rôle d’Igor Polouchine qui a vu le jour en 1996 et déjà décliné en une série de romans. Nous avons eu la chance de découvrir l’ouvrage, et il est temps de vous en parler. 


Avis BD Drakoo : La Cité du bonheur (récit complet)Synopsis : Sur la planète Héos, les humains ont débarqué voilà plus de 200 ans, pillant et mettant en esclavage tous ses habitants. Après la Révolution Héossienne, l’humain a perdu de son pouvoir, mais le poison de sa civilisation a eu le temps de se répandre… Quatre adolescents, Ned un petit escroc nostalgique du pouvoir humain, Miel de Lune, une invocatrice de fantômes, Bolos un petit bricoleur, féru de technologie et Karkän, un puissant élémentaliste du feu, survivent comme il le peuvent, dans une cité perdue au milieu de la jungle. Mais une menace venue d’un lointain passé va plonger tout ce petit monde au bord du chaos. Chacun va réagir comme il le peut selon les armes dont il dispose… L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


Avis BD Drakoo : La Cité du bonheur (récit complet)


Si vous ne connaissez pas l’univers de Shaan, pas de panique : « La Cité du bonheur » est parfaitement accessible aux néophytes. Malgré tout, vous passerez à côté de nombreux clins d’œil et références, l’univers d’Igor Polouchine étant particulièrement riche. Shaan, c’est de la science-fiction comme on l’aime, qui nous parle de colonisation, de lutte des classes, ou encore d’héritage. Des thèmes forts, souvent abordés dans les œuvres du genre, et qui dénoncent la volonté de l’être humain d’accéder au pouvoir, quitte à détruire et piller. La bande-dessinée nous décrit d’emblée le contexte géopolitique, et on apprend que l’Héossie habitait une grande civilisation, juste et respectueuse, que l’être humain est venu chambouler en débarquant des étoiles. Les humains ont pillé et réduit les habitants en esclavage, jusqu’à créer une cité en symbole de leur domination. Cette « cité du bonheur » est désormais coupée du monde, sombrant dans l’oubli et l’isolement.

Les personnages que l’on découvre dans la bande-dessinée sont vite accrocheurs, et l’ensemble se veut assez mature, avec des thèmes abordés en lien avec l’univers du jeu de rôle. L’ouvrage nous parle des problèmes liés à la colonisation, de la confrontation entre la nature et la technologie, ou encore de l’héritage familial, pas toujours bien transmis par les siens. Certains tentent de survivre en vendant des armes et des munitions, d’autres en appellent aux esprits pour soigner un membre de leur famille. Et puis tous nos héros vont finir par se retrouver, jusqu’à ce qu’un mystérieux personnage débarque avec un artefact censé guérir les blessures de l’âme. Les événements s’enchaînent vite, et l’ensemble est vraiment rythmé. Le design des personnages pourra diviser (notamment celui de Ned), mais le coup de crayon de Fabrice Weiss est fin et aéré, rendant la lecture fluide et agrémentée de grandes illustrations. Le choix des couleurs renforce l’immersion, et l’ambiance est vraiment travaillée. Les auteurs ont d’ailleurs de nombreuses influences, de Blade Runner à Star Wars en passant par les films liés aux banlieues (Ma 6-T va crack-er, La Haine). Un mélange qui peut surprendre, mais qui fonctionne vraiment bien, rendant le récit d’autant plus crédible. Seul bémol au final : le temps de lecture est un peu court.


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Pour être tout à fait honnêtes avec vous, nous avons découvert l’univers de Shaan avec « La Cité du bonheur », et cela ne nous a pas empêchés de l’apprécier ! Mieux encore, l’ouvrage nous a donné envie d’en découvrir davantage, le lore de Shaan étant particulièrement garni et intéressant (les dernières pages sont d’ailleurs riches en informations). Avec ses visuels fins et colorés et sa couverture superbe, la bande-dessinée d’Igor Polouchine, Rodolphe Gilbart et Fabrice Weiss mérite d’être découverte.


Lageekroom

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