Avis Manga Glénat : L’Oiseau d’or de Kainis – Tomes 1 et 2

Fraîchement débarquée aux éditions Glénat, la série « L’Oiseau d’or de Kainis » est signée Kazuki Hata et comportera 4 tomes. On y découvre Lea, une jeune femme passionnée de lecture qui s’est lancée dans l’écriture de son propre roman. Seulement voilà, Lea est une femme, et est considérée comme inférieure par les hommes, qui estiment que l’écriture est réservée à la gent masculine. Mais Lea compte bien faire publier son ouvrage, et va se faire passer pour Alan Wedgewood, un ami imaginaire inventé durant son enfance. Avons-nous été convaincus par ce premier tome ? C’est ce que nous allons voir. 

– Mise à jour de l’article avec notre avis sur le tome 2, disponible le 15 juin 2022 –


Avis Manga Glénat : L'Oiseau d'or de Kainis LageekroomSynopsis : Début du xixe siècle, à l’est de Gloucestershire, Lea a grandi au milieu de livres “inaccessibles pour son cerveau féminin“ et se passionne pour l’écriture, un art réservé à la gent masculine. C’est donc sous l’identité fictive d’Alan Wedgewood qu’elle va débarquer à Londres pour faire publier ses ouvrages, se plonger le monde littéraire et se faire de nouveaux amis. Que va-t-elle pouvoir découvrir sous sa nouvelle apparence ? L’ouvrage est à découvrir sur le site de l’éditeur, à cette adresse.


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A seulement 19 ans, Lea fait déjà preuve d’une sacrée force de caractère. Piquée et forcément marquée par les réflexions de différents hommes, considérant qu’une femme est incapable de lire et encore moins de rédiger un ouvrage, Lea ne baisse pas les bras. Loin de se laisser rabaisser, notre héroïne va trouver de la motivation supplémentaire, face à ce sexisme qui a la dent dure encore aujourd’hui. Elle aime lire et écrire, et s’est lancée dans la rédaction d’un roman. Elle en a envoyé le manuscrit à un éditeur à Londres, qui compte bien le publier. Se déplacer dans cette grande ville qui grouille de vie, elle qui n’a connu que la campagne, sera une sacrée épreuve qui va la pousser à surmonter ses peurs et ses angoisses. Mais impossible pour elle de s’y rendre sous sa propre identité : Lea va se couper les cheveux, porters des habits masculins, et prendre l’identité d’Alan Wedgewood, son ami imaginaire. Alors qu’elle se faisait passer pour une intermédiaire en Alan et l’éditeur via des échanges de courrier, Lea va devoir quitter sa campagne et découvrir un tout nouveau monde. « Si j’avais gardé mon identité, personne ne m’aurait prise au sérieux, et ce livre n’aurait jamais vu le jour. Que l’auteur soit Lea Void ou Alan Wedgewood, le contenu de l’œuvre reste le même. Et pourtant, la société ne le voit pas ainsi ». Le récit est bien amené, et on découvre dans un premier temps le quotidien de Lea et des gens qui l’entourent, puis sa première visite à Londres. Elle va y faire des rencontres, Myles Keats en tête, et va devoir prendre une décision capitale pour son avenir.

Ce premier tome est vraiment accrocheur, et les événements s’enchaînent avec rythme et fluidité. Le personnage de Lea est rapidement attachant, et on a souvent peur qu’elle se fasse démasquer et que l’on découvre qu’elle est une jeune femme. Lors de ses premiers pas à Londres, on ressent son excitation mais également ses peurs. Le passage de la campagne à la ville est parfois brutal, mais Lea a beaucoup de choses à prouver. Les différents personnages se dévoilent, et on comprend rapidement que Myles aura une grande importance. Il est d’ailleurs déjà assez proche de Lea/Alan, lui demandant rapidement de devenir son ami. Lea a du caractère, et ses sentiments sont partagés, entre l’envie de découvrir Londres et de se lancer pleinement dans l’écriture, et la tristesse de quitter les gens qu’elle aime. Nous sommes tiraillés, tout comme elle, et on espère qu’elle prendra les bonnes décisions. Visuellement, c’est très fin et souvent sobre, avec des personnages réussis mais un certain manque de décors. On aurait aimé découvrir davantage la ville de Londres, et être émerveillés tout autant que Lea. Ce premier tome de « L’Oiseau d’or de Kainis » est vraiment bon, et on s’attache immédiatement à notre héroïne, motivée à réussir dans la voie qu’elle a choisie. Le coup de crayon de Kazuki Hata est fin et doux, et on suit les aventures de Lea avec un grand intérêt et une pointe d’angoisse, de peur qu’elle se fasse démasquer. Les thèmes principaux sont abordés avec justesse, et la fin laisse sur un sacré suspense. Pour la suite, il faudra patienter jusqu’au 15 juin prochain ! Comptez sur nous pour vous en parler.


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L'Oiseau d'or de Kainis - Tome 2L’Oiseau d’or de Kainis – Tome 2 : « Lea entame sa carrière de romancière sous le pseudonyme masculin d’Alan Wedgewood. Invitée par Myles, un confrère écrivain, elle décide de déménager à Londres, dans la chambre attenante à celle de son collègue. Les deux auteurs se lient d’une amitié profonde, mais Lea préfère cacher à Myles sa véritable identité. Par un concours de circonstances, ce dernier finit cependant par découvrir qu’Alan est en réalité une femme… Dans une Angleterre du XIXe siècle marquée par la misogynie, ce deuxième tome dépeint le portrait délicat d’une jeune fille qui cherche sa voie. »

Très réussi, aussi bien dans le développement de ses personnages que dans les thèmes abordés, le premier tome de « L’Oiseau d’or de Kainis » a réussi sans mal à nous convaincre. Mieux encore, la fin laissait sur une révélation de taille, lorsque Myles découvrait qu’Alan Wedgewood (pseudonyme utilisé par Lea) était en réalité une femme. Notre héroïne, qui se fait passer pour un homme de peur de ne pas être prise au sérieux en tant que romancière, porte un corset et cache sa réelle identité. Une mission à haut risque, qui se voit chamboulée lorsqu’elle tombe malade. Fiévreuse et délirant à cause de la température, elle reste au lit et ne se rend même pas compte que Myles est à ses côtés. Ce dernier découvre donc que son nouvel ami est en réalité une jeune femme, mais va garder pour lui cet événement, et faire comme si de rien n’était. Mais culpabilisant presque de connaître le secret de son voisin de chambre, Myles va faire lire à Alan/Lea son roman, qui revient sur les événements importants de sa vie. Lea va d’ailleurs faire la connaissance du petit frère de Myles, et nous allons en apprendre beaucoup sur son passé, sa famille, voire même ses regrets. Ce personnage est touchant, et sa relation avec Lea gagne encore en épaisseur.

Le thème de la place de la femme dans la société est de nouveau abordé, avec l’arrivée de Jared Snow, une romancière qui va avoir une discussion importante avec Lea. Jared Snow utilise une métaphore assez pertinente basée sur des verres de vin, que nous vous laissons découvrir. Tout aussi réussi que le premier, ce deuxième tome (on rappelle que la série en comportera 4 en tout) se termine à nouveau sur un événement marquant. Visuellement, nous devons avouer avoir parfois un peu de mal à différencier les personnages, trop semblables. L’ensemble reste très lisible, fin et lumineux. On pourra également reprocher, une nouvelle fois, l’absence de décors. Au final, le nouveau shojo de chez Glénat reste, malgré ses défauts, une réussite, et nous avons hâte de découvrir la suite.


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