Avis Omaké Manga : Masked Sheep – Tomes 1 et 2

Après « Bloody Cruise » et sa croisière inquiétante et clairement malsaine, les éditions Omaké Books, via leur label Omaké Manga, nous embarquent dans des sous-sols aussi sombres que la couverture de l’ouvrage que nous avons entre les mains. « Masked Sheep » est un manga signé Kyosuke Funaki, dont le premier tome (sur 5 au total) est disponible depuis le 10 mars dernier. Avons-nous été convaincus ? C’est parti pour notre avis !

– Mise à jour de l’article avec notre avis sur le tome 2, disponible le 12 mai 2022 –


Avis Omaké Manga : Masked Sheep tome 1 avis manga lageekroomSynopsis : Si vous parlez, vous êtes mort ! L’absence d’un être cher vous rend malade ? Un proche décédé vous manque au point que vous vouliez mourir à votre tour ? Dans ce cas, entrez dans ce bâtiment et descendez au sous-sol. Une personne coiffée d’un étrange masque vous attend et devrait vous aider à trouver une solution à tous vos problèmes. Sa solution ? Chut, quand vous ressortirez, personne ne doit rien savoir…


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L’éditeur Omaké Books a su nous proposer de sacrés pépites ces dernières années, avec des titres très forts en émotions (Le Perce Neige, Girl’s Last Tour) ou davantage pop-corn (Assistant Assassin). Ce « Masked Sheep » semble se situer, au premier abord, entre les 2, et n’hésite pas à aborder d’emblée des thèmes importants. Le synopsis se voulant volontairement évasif, nous ne vous en dirons pas davantage sur le scénario, qui réserve dès les premiers chapitres des surprises. Ce premier tome intrigue, nous fait cogiter et pose des questions intéressantes sur la vie et la mort, avec le deuil et la perte d’un être cher comme axe principal. Et puis il y a ce côté horrifique et oppressant, matérialisé par cette personne masquée, des couloirs sombres et des expériences qui le sont tout autant. Cela fait penser à Hostel par moments, mais la finalité n’est absolument pas la même. Ce premier tome pose l’ambiance : c’est parfois glauque, mais les enjeux sont bel et bien réels. Jusqu’où serions-nous prêts à aller après la perte d’un être qui nous est cher ? Serions-nous prêts à sacrifier notre propre humanité ? Le plus important, dans le « contrat », est d’en garder le secret, sous peine de s’exposer à de terribles conséquences. Mais attention à bien lire les petites lignes, et à ne pas aller à l’encontre de la nature.

Oui, on tourne autour du pot dans cet avis, mais une nouvelle fois, il serait dommage de vous gâcher les surprises. Pour une fois qu’un synopsis n’en dit pas trop ! On ne comprend pas tout dans ce premier volume, et certains personnages devraient trouver leur importance dans les tomes à venir. L’ambiance n’est pas simplement horrifique, et le mangaka aborde également les dérives de la science et le rapport à la mort. L’acceptation est toujours difficile, et chaque être humain réagit à sa façon aux événement qui le frappent, avec un mélange d’espoir, mais également de désespoir. L’ensemble est bien écrit, et visuellement très réussi. Kyosuke Funaki se fait (et nous fait) plaisir, avec de grandes illustrations et une ambiance particulièrement immersive. On vit les émotions que l’on peut ressentir en traversant ce long couloir sinistre qui mène à son destin. Au final, ce premier tome de « Masked Sheep » surprend, et dans le bon sens du terme. Alors que l’on s’attendait à une série horrifique, l’ensemble est bien plus profond et aborde des sujets intéressants en rapport la mort, le deuil, la science, et les sacrifices qu’un être humain est prêt à faire pour revoir un être aimé. L’ambiance est réussie, tout comme les visuels, et même si on reste un peu dans le flou à la fin de la lecture, l’envie de découvrir la suite est bien présente.


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Masked Sheep – Tome 2 : le premier tome de « Masked Sheep » a réussi à nous surprendre, et à poser des bases très intéressantes. Un long couloir angoissant, des expériences réalisées dans un sous-sol un peu glauque, un personnage mystérieux coiffé d’un masque angoissant : au delà de n’être qu’un « simple » manga horrifique, « Masked Sheep » aborde des thèmes forts et qui parviendront à toucher de nombreux lecteurs. La série de Kyosuke Funaki nous parle de clonage, en recréant un être humain à la demande d’un proche ou d’un membre de la famille. Un moyen de combattre rapidement le deuil lorsque l’on perd un être cher, mais qui n’est parfois pas sans conséquences. Qui plus est, le clone récemment créé n’est qu’un enfant, ce qui est un peu perturbant. Un des « clients » a en effet fait cloner sa petite amie décédée, qu’il va au final devoir « adopter » et élever. Dans ce tome 2, c’est un patron qui veut créer un clone de lui-même pour se succéder à la tête de son entreprise. Il estime que son fils est un incapable et veut laisser son patrimoine à lui-même. Le clone, enfant, sera prêt dans une vingtaine d’années pour prendre la relève. Forcément, ce genre de pratique entraine des dérives, et pose des problèmes d’éthique.

Mais il ne faut pas oublier le fameux « contrat« , qui comporte des règles qui peuvent s’avérer punitives. C’est ce qui est arrivé à Nomura, puni pour avoir causé la mort de son clone. Un détective privé, que l’on suit dans ce tome 2, est sur l’affaire, et tente d’en apprendre plus sur le laboratoire clandestin, planqué sous un hôpital. Il veut découvrir ce qui se trame en bas avant de balancer ses infos aux flics… Ce personnage est plutôt intéressant, et on découvre une partie de son passé et son accident : il a été renversé par un policier et a désormais une prothèse à la place d’un œil. Une prothèse dans laquelle est intégrée une micro-caméra, bien pratique pour ses enquêtes. Ce tome 2 s’attarde donc sur ce personnage, sur l’homme d’affaire souhaitant se faire cloner et sur sa relation avec sa femme et son fils. Le suspense est au rendez-vous, et le récit s’avère bien écrit, nous rappelant la narration de l’excellente série « The Killer Inside » disponible aux éditions Ki-oon. Certains visuels et la représentation des personnages font également penser au manga de Hajime Inoryu et Shota Ito, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

« Masked Sheep » comporte son lot de mystères et propose une ambiance travaillée, parlant de mort, de deuil mais également de « résurrection », via la technique du clonage. La médecine et ses dérives sont abordées avec intelligence, mais le comportement humain reste au cœur de récit. Visuellement, c’est très réussi et réaliste, avec un découpage plutôt aéré qui rend la lecture fluide et agréable. Une lecture un peu courte à nos yeux, mais vraiment accrocheuse. Il nous tarde de découvrir la suite !


Lageekroom

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